Syndrome de l’imposteur : frein à la reconversion

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    Considéré comme de la fausse modestie pour certains, le syndrome de l’imposteur signe un réel malaise pour la personne qui en souffre et qui ne s’attribue jamais le mérite de sa réussite. 

    Savez-vous d’ailleurs que près de 70% de la population doutera un jour de ses propres compétences ?

    Donc si vous avez tendances à minimiser vos compétences et succès, ou les attribuer à des facteurs externes, vous souffrez certainement d’un syndrome de l’imposteur. Cette situation peut mener à divers échecs professionnels, notamment en cas de reconversion. 

    Décryptons ce mal-être ensemble.

    Syndrome de l’imposteur

    Qu’appelle-ton syndrome de l’imposteur ?

    Egalement nommé "syndrome de l’autodidacte", le syndrome de l’imposteur se caractérise par un doute maladif de certaines personnes quant aux compétences dont elles disposent. Véritable frein, cette situation limite les évolutions professionnelles et peut engendrer certaines incompréhension vis-à-vis d’un supérieur hiérarchique, de collègues ou de proches qui peuvent l’interpréter comme de la fausse modestie.

    Etudiée dès 1978 aux Etats-Unis, cette sensation de tromper son entourage touche les hommes et les femmes et est avant tout lié à un manque d’estime de soi. Près de 20 % de la population présenterait ce syndrome de l’imposteur. 

    Les profils touchés ont alors tendance à minimiser leurs réussites et leurs expériences tout en acceptant difficilement les compliments. Estimant ne pas mériter ces éloges, les personnes souffrant du phénomène de l’imposteur attribuent leur succès à la chance, leur collègues, le hasard ou des circonstances particulières. 

    Pourtant, ces “imposteurs” sont souvent reconnus comme particulièrement compétents par leur entourage, ce qui accentue d’autant ce sentiment de tromperie. Ce type de profils se retrouve souvent parmi les personnes qualifiées "de haut potentiel" ou "surdouées".

    Comment se caractérise le syndrome de l’imposteur ?

    Concrètement, les personnes atteintes de ce syndrome sont persuadées d’usurper leur place, et redoutent d’être un jour ou l’autre démasquées. 

    • L’ « imposteur » a l’impression de ne jamais être à la hauteur des attentes de son supérieur et minimise autant ses compétences que ses réussites.
    • La sensation de tromper son monde concernant ses réelles capacités et compétences. Cela provoque ainsi un décalage par rapport à la réalité professionnelle et l’impression de ne pas être à sa place et développe une tendance à devenir ultra perfectionniste et exigeant (envers soi-même et les autres). On constate également l’investissement d’une trop grande énergie et d’un temps de travail trop important par rapport à la tâche demandé.
    • Ce sentiment engendre peur et anxiété à l’idée que quelqu’un s’aperçoive de cette imposture mais également le rejet des compliments et le fait de ne ressentir aucune fierté particulière quant à une réussite. Cette anxiété peut provoquer un repli sur soi par peur d’être démasqué et de l’isolement de peur de demander de l’aide.

    Qui est concerné par le syndrome de l’imposteur ?

    Le sentiment d’imposture est loin d’être un phénomène isolé puisque selon le Journal of Behavioral Science, 70% des personnes dans le monde souffrent du syndrome de l’imposteur à un moment de leur vie.

    Si cette situation concerne les hommes et les femmes, certains « publics » semblent privilégiés :

    • Les femmes surtout celles qui accèdent à de hauts niveaux de responsabilité ou qui exerce dans un univers masculin bien que cette affirmation soit à nuancer
    • Les autodidactes que le manque de diplôme hantent
    • Les personnes à haut potentiel (ou surdoués)
    • Les personnes introverties

    D’où peut provenir le syndrome de l’imposteur ?

    Si la liste des origines de ce mal est longue, nous pouvons tout de même en lister quelques-une ci-après :

    L’école

    Dès le plus jeune âge, nous sommes conditionnés à réussir, à être performants et cette réussite se traduit par les félicitations, les bonnes notes, les diplômes qui au final doivent permettre de devenir expert de son domaine. Toutefois, il arrive que la dichotomie entre la vision des parents sur les compétences de leur enfant et celle de l’école diverge tellement que ce dernier en développe un réel complexe qui le poussera à accepter comme vraie l’opinion la plus négative.  

    L’environnement familial

    D’une part, nous avons le cas des parents qui n’envoient aucun message positif à leur enfant ne lui permettant pas de se construire une image de soi positive. Une fois adulte, il aura alors beaucoup de mal à accepter ses propres compétences.

    D’autre part, nous avons les parents qui ont tendance à trop valoriser l’intelligence de leur enfant sans l’associer au travail ou aux efforts qu’il fournit. L’enfant pense alors qu’il doit posséder ce « don » et qu’il doit réussir à tout prix. La peur de l’échec devient ainsi récurrent.

    La société

    S’il y a un reproche que chacun peut faire à notre monde actuel, c’est bien le besoin d’être au top partout et tout le temps : toujours être bien coiffé, bien habillé, bien maquillé, bien proportionné et dans la vie pro, c’est la même : dépasser ses objectifs, être meilleur que la concurrence, être le plus épanouie… A peine un projet terminé qu’il faut passer au suivant. Plus le temps de savourer sa réussite puisque nous sommes en perpétuelle compétition contre nous-même et contre les autres.

    La psychologie

    Nous ne pouvons mettre de côté le cas des personnes dont l’estime de soi est tellement basse qu’ils pourraient en trouver du pétrole. Ce sont généralement des personnes qui étaient très bons à l’école et le sont tout autant dans leur travail. Mais rien à faire. Ils n’arrivent pas à s’estimer à leur juste valeur.

    L’échec

    Mauvaise expérience personnelle ou professionnelle, échec, humiliation… sont autant de raisons qui peuvent avoir un réel impact néfaste sur l’image de soi et la confiance dans ses propres compétences.

    Comment soigner le syndrome de l’imposteur ?

    Déjà, ce n’est pas une maladie donc plutôt que de le soigner, on pourrait plutôt dire « comment s’en débarrasser ? » ou « comment le relativiser ? ». Bien sûr, si la situation devient ingérable, il est possible de se tourner vers un professionnel tel qu’un psychothérapeute « comportemental et cognitif » ou un psychologue. L’intervention d’un coach peut aussi s’avérer très utile. 

    Comprendre que cette situation n’est pas permanente

    En effet, le chiffre de 70% peut sembler élever mais il représente des personnes qui ont souffert du syndrome de l’imposteur au moins une fois, pas qui en souffrent au quotidien.

    Apprendre à accepter les compliments et retours positifs

    Acceptez les compliments qui vous sont faits. Et si besoin, pourquoi ne pas les noter sur un papier et les ressortir dans les moments de doute.

    Ne pas chercher la perfection à tout prix

    Tout le monde à le droit d’échouer car tout développement passe aussi par là. Vous n’avez pas besoin d’être parfait en tout.

    Prendre conscience que vous n’êtes pas seul

    Nous l’avons dit. 70% des personnes ont connu cet épisode donc au moment où vous le vivez, vous n’êtes pas seul dans cet état. N’hésitez pas à en parler.

     

    Comme vous pouvez vous en douter, les personnes qui souffrent du syndrome de l’imposteur ont tendance à hésiter, voire abandonner leur projet de transition professionnelle par peur d’échouer

    Si vous êtes vous-même victime de cette stratégie d’auto-sabotage, nous espérons que cet article vous aura fait prendre conscience que vous pouvez vous en sortir. N’hésitez pas à consulter nos partenaires en reconversion et évolution de carrière pour vous en assurer.


    Publié le 08 Févr. 2021