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    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec plus d'un million d'entreprises créées en 2022, la France deviendrait-elle une start-up nation ?

    Avec ses promesses d’indépendance, d’innovation, de reconnaissance ou encore de meilleurs revenus, la création d’entreprise apparaît comme un Eldorado pour bon nombre de personnes envisageant une nouvelle vie professionnelle.

    Pourtant, se lancer dans une telle aventure suppose d’accepter de porter une lourde responsabilité sur ses épaules et surtout, d’accepter les risques potentiels qui l’accompagnent. Si cette prise de risques fait certes partie du jeu, les connaître au préalable permet aux futurs créateurs de créer un terrain plus propice à leur réussite.

    Perdre vos revenus

    S’aventurer dans le monde des affaires, c’est aussi faire le choix de quitter vos fonctions actuelles et votre « sécurité » en tant que salarié : salaire fixe chaque mois, mutuelle, prévoyance, tickets-restaurants… Cette rupture franche suppose qu’il n’y aura pas de retour en arrière possible, en tout cas, pas dans votre ancienne entreprise.

    Vous plongez tête la première dans l’inconnu sans aucune garantie de réussite mais surtout sans rémunération (sauf dans quelques cas).

    Une  période à anticiper en organisant vos finances personnelles et en préparant au mieux ce projet pour vous consacrer pleinement à ce lancement.

    Mal calculer son besoin de financement

    Cicéron disait « L’argent est le nerf de la guerre ». Cette citation prend tout son sens dans le cadre d’une création d’entreprise car de la rémunération de l’entrepreneur et de ses employés, aux investissements en logiciels ou matériels, en passant par les loyers ou encore les prestations externes, les besoins financiers peuvent être plus ou moins élevés. Se reposer sur ses finances personnelles ne sera pas forcément suffisant.

    En cas de sollicitation d’un prêt bancaire ou d’investisseurs, il est donc  indispensable pour le futur chef d’entreprise de connaître précisément ses besoins financiers (achat, dépense, fond de roulement, investissement…) et de présenter un prévisionnel budgétaire au cordeau.

    Prendre cette étape à la légère peut réduire considérablement le champ d’action d’une entreprise, voire la mener à sa perte.

    Choisir le mauvais statut juridique

    Les futurs entrepreneurs rencontrent bien souvent cette difficulté. Quel statut juridique choisir pour se lancer ? En effet, focalisés sur leurs idées, ils ont parfois du mal à déterminer les différentes étapes à accomplir pour lancer concrètement celles-ci et parmi ces étapes, sélectionner le statut juridique le plus adapté.   

    Ce choix est pourtant essentiel pour l’avenir de leur société car celui-ci aura des incidences sur la fiscalité, le social ou encore les capacités de financement.

    De nombreuses questions doivent se poser pour être sûr de faire le bon choix : Y aura-t-il des associés ? Si oui, combien ? Quelle sera la nature de l’activité ? Le capital sera-t-il ouvert aux investisseurs ?

    Mal identifier son marché

    Une idée originale (de votre point de vue ou de celle de vos proches) n’est pas toujours suffisante pour développer toute une structure dessus. Existe-t-il réellement un marché demandeur qui permettra de rentabiliser votre entreprise ? Des concurrents sont-ils déjà présents ? Avez-vous le droit d’exploiter cette idée ?

    Pour cela, pas le choix, il faut faire une étude de marché et de la concurrence pour s’assurer des opportunités offertes, de contrôler des protections qui s’appliquent peut-être déjà dessus (brevets, Nom de marque…) et de pouvoir tout de suite protéger vos idées si besoin.

    Connaître son marché est indispensable pour définir une orientation stratégique et définir les différentes actions commerciales ou marketing qui constitueront une vraie source de réussite.

    Oublier de se protéger

    La vie d’un entrepreneur n’est pas de tout repos et les questions juridiques, fiscales, réglementaire, sociales… rythment ses journées. Parmi celle-ci se pose celle de la protection des employés, des locaux, des véhicules, du matériel, de l’activité mais également du dirigeant. Qu’adviendrait-il de l’entreprise si son capitaine avait un accident ? Et en cas d’inondation ou d’incendie, comment se relancer ? Et si l’un de mes employés se blessait, qu’en serait-il ?

    Prévoir les assurances pour assurer sa tranquillité est un réflexe indispensable pour avoir l’esprit léger.

    Ne pas faire confiance

    Une nouvelle erreur courante qui hélas peut avoir des conséquences désastreuses est le refus de déléguer certaines opérations. En effet, pour les jeunes entrepreneurs, peu expérimentés, il est difficile d’accepter de se reposer sur d’autres personnes. On se persuade de pouvoir tout gérer et surtout, on s’imagine à tort être le seul à avoir les clés du succès.

    Pourtant, le lancement d’une entreprise, surtout la première année est difficile et demande un investissement personnel immense. Se reposer sur des associés de confiance, du personnel efficace ou des professionnels externes permet de gagner du temps et de se concentrer pleinement aux activités indispensables au chef d’entreprise.

    Manquer de trésorerie

    La trésorerie est un élément indispensable pour toute entreprise, d’autant plus quand on se lance, pour couvrir toutes les dépenses courantes avant que les premières rentrées permettent de prendre le relais.

    Le manque d’argent à court terme fait partie des raisons qui plombent une PME. Les factures s’accumulent, le paiement des salaires prend du retard, les cotisations ne sont plus payées en temps et en heure et la banque risque de ne plus suivre ou au prix d’une caution personnelle qui engagera directement votre patrimoine.

    Erreurs de casting

    Les processus de recrutement sont longs. Ils peuvent durer plusieurs mois, de la définition du profil jusqu’aux entretiens. Mais surtout, si ce nouveau collaborateur ne s’avère pas être la personne qu’il vous faut, les conséquences peuvent être relativement importantes.

    Déjà, le reste de l’équipe risque d’avoir une surcharge de travail pour compenser qui peut entraîner une mauvaise ambiance générale. Sur le long terme, cela influence la productivité de l’ensemble de l’équipe, voire incite d’autres collaborateurs à quitter le navire.

    Ensuite, un mauvais recrutement implique que le retour sur investissement du poste concerné diminue et par ricochet, les résultats de l’entreprise.

    Enfin, un nouveau processus de recrutement impliquera des surcoûts liés au redémarrage du processus de recrutement, au paiement d’un salaire et à la formation.

    Engager sa responsabilité civile

    En tant que représentant légale de sa société, le dirigeant peut voir sa responsabilité directement engagée si une faute avait une conséquence néfaste pour une personne, notamment s’il :

    • Ne respectait pas une disposition législative ;
    • Ne respectait pas une clause des statuts ;
    • Commettait une faute de gestion.

    Certes, en principe, seule la société doit réparer le dommage subi mais s’il est prouvé que cette faute est intentionnelle et d’une particulière gravité, le dirigeant lui-même engage sa responsabilité civile personnelle.

    Y laisser sa santé

    Hélas, cela peut arriver. Se mettre à son compte coûte en temps et en santé.

    Vous ne compterez pas vos heures, surtout au début, car vous souhaiterez absolument que ça réussisse et si ça ne fonctionne pas comme vous l’imaginiez, vous risquez fort d’angoisser, de perdre le sommeil, de perdre votre confiance en vous et de négliger, malgré vous, votre famille.

    Il est indispensable de connaître vos limites et de garder à l’esprit comme disait Nelson Mandela : « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends."

    Quel que soit le domaine dans lequel vous souhaiterez vous lancer, le risque est inévitable. Néanmoins, tous les obstacles inhérents à la création d’entreprise sont a priori prévisibles, et les connaître permet de les anticiper au mieux pour libérer son esprit.

    Et finalement, n’est-ce pas ces défis qui animent tant d’entrepreneurs chaque année ?

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    Article mis à jour le 15/03/2024
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