Validation des acquis de l'expérience - VAE

Qu’est-ce que la VAE ? A qui s’adresse-t-elle ? Comment la financer ? Quelle utilité pour une reconversion professionnelle ? Autant de questions qui trouveront réponse avec le guide de la VAE.

Sommaire
Validation des acquis de l'expérience (VAE)

Qu'est-ce qu’une VAE ? 

La validation des acquis de l'expérience est tout d’abord un droit individuel inscrit au Code du Travail :

"Toute personne engagée dans la vie active est en droit de faire valider les acquis de son expérience, notamment professionnelle, en vue de l'acquisition d'un diplôme, d'un titre à finalité professionnelle ou d'un certificat de qualification."

Démarche individuelle volontaire du candidat, elle ne peut être imposée ni par l’entreprise, ni par un organisme conseil et ne peut pas être comparée à une quelconque formation ou un examen. En effet, la VAE consistant à faire reconnaître ses compétences et ses connaissances théoriques pour les convertir en un diplôme équivalent, cette démarche suppose donc que votre expérience professionnelle corresponde déjà au référentiel du diplôme visé. 

C’est d’ailleurs ce que la VAE tend à démontrer : prouver la réalité des compétences acquises par l'expérience. 

Quels sont les objectifs d’une VAE ?

La VAE offre aux personnes entrées très tôt dans la vie active sans avoir passé de diplôme ou acquis de certification une nouvelle chance en reconnaissant les compétences acquises par le travail. 

Cette démarche est donc très utile en cas de reconversion professionnelle puisqu’elle évite de devoir repasser sur les bancs de l’école pour réapprendre des savoirs déjà maîtrisés de part leur profession et donc sans suivre une formation parfois contraignante avec la vie privée.   

Cette validation permet donc d'obtenir un diplôme, un titre, une qualification professionnelle ou des dispenses d’épreuves correspondant aux unités de compétences possédées. Donc, vous pouvez très bien accéder directement à une licence pro ou un master pro sans baccalauréat

Attention néanmoins car la VAE n'est pas un dispositif qui permet de reconnaître de niveau d’études pour les diplômes étrangers.

Quels diplômes peut-on obtenir ?

Les diplômes et titres obtenus par la voie d’une VAE sont exactement les mêmes que lors d’une formation classique (il n’est d’ailleurs pas indiqué sur le document officiel le recours à une VAE) sous réserve que ce titre ou ce diplôme soit inscrit au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles).

Vous pouvez donc aisément accéder aux CAP, Bac pro, BTS, diplôme d’Etat, diplôme d’ingénieur… mais pour mieux cerner ce à quoi vous pouvez prétendre, il faut vous renseigner auprès du certificateur concerné comme le ministère de l’agriculture et de l'alimentation, le ministère de la solidarité et de la santé, le ministère du travail…

De nombreux points relais VAE sont présents et disponibles pour fournir tous les renseignements nécessaires au sein des Pôles emploi, missions locales, CIO, etc.

A qui s’adresse la Validation des Acquis de l'Expérience ?

La VAE s’adresse à toute personne souhaitant faire reconnaître ses acquis professionnels, sans critère d’âge, de statut ou de niveau de formation requis. 

Plus précisément, pour demander la validation des acquis de son expérience il faut :

  • avoir exercé une activité professionnelle salariée (CDI, CDD, intérim), non salariée, bénévole ou de volontariat, ou inscrite sur la liste des sportifs de haut niveau mentionnée au premier alinéa de l’article L. 221-2 du code du sport sous réserve de justifier d’un an d’expérience professionnelle minimum – que l’activité ait été exercée de façon continue ou non – ayant un lien direct avec le contenu et le niveau du diplôme visé.;
  • ou avoir exercé des responsabilités syndicales, un mandat électoral local ou une fonction élective locale en rapport direct avec le contenu de la certification (diplôme, titre…) visée.

 

Les activités réalisées en formation initiale ou continue en milieu professionnel, peuvent être prises en compte pour la VAE :

  • période de formation en milieu professionnel (PFMP) ou stage pratique d’une formation diplômante ;
  • période de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP);
  • préparation opérationnelle à l’emploi (POE) ;
  • période de formation pratique en milieu professionnel du contrat d’apprentissage, de contrat de professionnalisation ou du contrat unique d’insertion (CUI).

Comment financer sa VAE ?

Bien que la VAE – Validation des Acquis de l’Expérience -  ne soit pas considérée comme une formation en tant que telle, elle entre dans le champ de la formation professionnelle. À ce titre, elle ouvre droit à des  prises en charge partielles ou totales, qui diffèrent suivant la situation professionnelle.

La prise en charge de la VAE comprend quatre niveaux de financement :

  • Les frais d’inscription à l’organisme certificateur évalués entre 200 et 800 € en moyenne en fonction du niveau du diplôme souhaité.
  • Les frais d’accompagnement entre 400 et 2000€ qui normalement sont facultatifs. Cependant, plusieurs universités ou écoles l’imposent. 
  • Les frais annexes (déplacements…)
  • Les frais de validation correspondant au passage devant le jury et s’élevant à 300 € en moyenne.

Vous êtes salarié du secteur privé en CDI, CDD, intérimaire

Qu’il s’agisse d’un CDD ou d’un CDI, dès lors que le salarié dispose d’un an d’ancienneté, il peut prétendre à la VAE. 

Dans ce cas, le salarié dispose de plusieurs possibilités pour la financer :

  • Le plan de formation de l’entreprise avec accord de l’employeur
  • Le CPF (compte personnel de formation)
  • Le Fongecif ou l’OPCA dont il dépend
  • Pôle emploi pour les contrats aidés (CAE, etc.)
  • L’Agefiph pour les travailleurs en situation de handicap

 

L'accompagnement peut se réaliser pendant ou hors temps de travail. Si cela se passe durant le temps de travail, l’accord de l’employeur est obligatoire.

A noter : 

Si la démarche VAE est à l'initiative de l'employé, l'employeur n’est pas obligé d'accepter de le financer par le plan de formation de l’entreprise.  mais si c'est l'employeur qui est à l'initiative de la démarche, le consentement du salarié est obligatoire.

Vous êtes salarié du secteur public

Les salariés de la fonction publique peuvent solliciter différents dispositifs en fonction de leur statut et de leur administration de rattachement :

  • Les fonctionnaires de la fonction publique d’État, territoriale ou hospitalière peuvent bénéficier du DIF ou du congé de VAE.
  • Les agents des établissements publics territoriaux (municipalités, conseils départementaux et régionaux) peuvent bénéficier du plan de formation et doivent contacter le CNFPT ou l’ANFH pour le personnel hospitalier.

Vous êtes non salarié

Les travailleurs non-salariés peuvent bénéficier d’un plan de financement via :

  • L’AGEFICE pour les dirigeants, travailleurs indépendants, ou commerçants
  • Les organismes collecteurs agréés des artisans, exploitants agricoles, exploitants maritimes et des professions libérales
  • Les conseils régionaux pour les aidants familiaux ou les conjoints-collaborateurs d’un artisan

Vous êtes demandeur d'emploi

Dans le cadre du retour à l’emploi, les demandeurs d’emploi bénéficiant de l’ARE peuvent solliciter une prise en charge de la VAE auprès de Pôle emploi, ou mobiliser leur CPF. Par ailleurs, les bénéficiaires des minimas sociaux peuvent également bénéficier d’une aide financière via le Conseil régional.

Autres cas

  • Vous êtes intermittent du spectacle, la démarche de VAE peut être prise en charge par l' AFDAS 
  • Vous êtes une personne handicapée, vous pouvez éventuellement bénéficier d'un financement de l' AGEFIPH et FIPHFP  .
  • Vous financez votre démarche à titre individuel, pensez à conclure un contrat de VAE avec l'éventuel organisme d'accompagnement que vous choisirez.

Les étapes de la VAE

Choisir le bon diplôme à valider

Environ 15000 titres et diplômes sont aujourd'hui accessibles par la VAE. Dans cette jungle des certifications, choisir celle qui correspond le mieux à vos acquis n'est pas si simple et pourtant, c’est l’objet de cette première étape. Le RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) répertorie la plupart des diplômes et certifications professionnelles, du CAP aux diplômes d’études supérieurs (Master 1, diplômes d’écoles d'ingénieur ou d’écoles de commerce, etc.), permettant de faire le lien entre le contenu du diplôme souhaité, et les compétences acquises au cours de l’expérience professionnelle.

Trouver son centre certificateur

Vous avez repéré le diplôme que vous désirez valider. Il convient à présent de sélectionner son centre certificateur qui dépend du diplôme choisi.

Les principaux sont :

  • Le Ministère de l'Education Nationale
  • Les Universités
  • Les Ecoles d'Ingénieurs
  • Les Grandes Ecoles
  • Le Conservatoire National des Arts et Métiers, CNAM
  • Le Ministère du Travail
  • Le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche
  • Le Ministère de la Santé
  • Le Ministère de la jeunesse et des Sports et de la cohésion sociale (Affaires Sociales)
  • Le Ministère de la Culture
  • Le Ministère de la Défense
  • Les Ecoles Spécialisées 
  • Les Chambres de Commerce et d'Industrie
  • Les Chambres des Métiers et de l'Artisanat

Réussir la phase de recevabilité ou faisabilité VAE

Durant cette étape, l'organisme responsable du diplôme que vous souhaitez valider, doit examiner votre candidature avant de vous reconnaître apte à la VAE. 

Pour cela, le candidat doit remplir un livret de recevabilité, sorte de CV (très) détaillé, qui récapitule les formations suivies, les postes, moyens, responsabilités, activités et contraintes rencontrées. 

S'y ajoute souvent une lettre de motivation, et une liste de preuves, notamment des attestations et recommandations d'employeurs. 

Une fois complété et déposé, le centre certificateur doit se prononcer dans un délai de 2 mois à compter de la date de dépôt de la demande. Le silence vaut une décision de rejet.

Si le dossier est jugé recevable, il autorise la poursuite de la démarche. Dès lors que sa candidature est déclarée recevable par l’organisme certificateur, le candidat peut bénéficier d’un accompagnement lui permettant de préparer les étapes suivantes.

Constituer son dossier d'obtention de VAE

A présent, le candidat à l'obtention d'un titre ou d'un diplôme par la voie de la VAE peut constituer son dossier VAE. Il lui faut prouver par écrit que ses acquis correspondent au contenu et au niveau de complexité requis par chaque unité d'enseignement du diplôme visé.

Ce dossier est à retirer auprès du même organisme certificateur. Un questionnaire guide permet de renseigner ce document.

Le dossier d'obtention présente les principales activités et les tâches exercées par le candidat :

  • Une description de son expérience professionnelle et/ou extraprofessionnelle,
  • Des éléments de preuve démontrant l'exactitude des faits mentionnés (diplômes obtenus, réalisation de projets d'entreprise, etc...).

 

Ce travail demande du temps et se trouve être assez complexe. Etre accompagné se révèle alors fort utile.

Passer devant un jury

Ultime étape de la VAE, l’entretien avec le jury, qui dure généralement une bonne heure, permet aux jurés (enseignants, formateurs et professionnels) de préciser certains points du dossier ou du parcours du candidat, afin de décider si la validation sera partielle, totale ou refusée. Ce jury est souverain.

Chaque organisme certificateur fixe ses propres modalités d'évaluation, mais quelques étapes sont communes à tous les centres :

  • L'examen du dossier d'obtention VAE (appelé aussi Livret II)
  • L'entretien
  • La mise en situation professionnelle
  • Le jury peut évaluer le candidat sur une mise en situation professionnelle réelle ou reconstituée, qui peut également être complétée par un entretien.

 

A l'issue du jury de validation, si la validation est partielle ou si elle est rejetée, des phases d'accompagnement Post VAE sont possibles. Le candidat bénéficie d'une analyse des résultats obtenus et d'un cadre précis de travail complémentaire