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Reconnaître le mal-être au travail

Comment reconnaître le mal-être professionnel ?

Fatigue qui ne passe plus, boule au ventre le dimanche soir, sentiment d’être pris au piège : le mal-être au travail se manifeste par des signaux que l’on minimise souvent — jusqu’à ce qu’ils deviennent difficiles à ignorer.

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Selon plusieurs enquêtes récentes, près d’un actif sur cinq se déclare en situation de souffrance professionnelle. 

Cette page vous aide à identifier les signes, à comprendre leurs causes et à reconnaître à quel type de mal-être ils peuvent correspondre — avant d’envisager les premières démarches.

Comment reconnaître les signes du mal-être professionnel ?

Comment reconnaître les signes du mal-être professionnel ?

Chaque personne vit son mal-être différemment. Les signes peuvent être discrets au début — on les attribue à la fatigue, à une période chargée, à un événement personnel. Mais quand ils s’installent dans la durée et se multiplient, ils signalent une souffrance qui mérite d’être prise au sérieux.

Pour vous aider à vous repérer, nous avons regroupé les signes les plus fréquents en quatre grandes catégories. Notez ceux qui résonnent avec ce que vous vivez actuellement.

Les signes physiques

Votre corps parle avant que vous ne l’écoutiez.

Les signes émotionnels 

Ce que vous ressentez à l’intérieur, même sans le dire.

Les signes comportementaux

Ce que votre entourage peut remarquer avant vous.

Les signes relationnels

Ce qui change dans vos liens avec les autres.

reconnaître le mal-être professionnel

Quelles sont les causes potentielles d’un mal-être au travail ?

Se reconnaître dans les signes ci-dessus est une première étape. Comprendre ce qui les provoque en est une autre — et c’est essentiel si vous voulez envisager un changement. Les chercheurs ont identifié six grands facteurs de risque psychosocial qui, seuls ou combinés, peuvent provoquer un mal-être professionnel. 

Le déséquilibre investissement/récompense

Parmi les causes courantes provoquant une situation de mal-être au travail, on retrouve en premier lieu le déséquilibre entre les efforts qu’une personne consent à fournir dans son travail et les récompenses qu’elle en reçoit en retour.

Concrètement, quand les efforts fournis sur le lieu de travail ne sont ni reconnus, ni récompensés par leur patron ou par leurs collègues, une sensation de mal-être commence à s’installer. Si cette situation perdure et qu’aucune solution n'est trouvée (augmentation de salaire, promotion interne, prime…).

Pour mieux comprendre ce que cette situation représente, voici un petit schéma :

Balance efforts / reconnaissances du modèle de Siegrist

La charge de travail (en intensité et en temps)

La charge de travail imposée au salarié fait également partie des causes courantes d’une évolution défavorable des conditions de travail pouvant engendrer frustration et mal-être professionnel. 

Ce facteur concerne donc la quantité et la complexité du travail, la pression temporelle et les difficultés de conciliation vie professionnelle et vie personnelle.

Bien sûr, il faut bien distinguer la charge réelle qui rend compte du travail concret, de ce que chacun fait, mais aussi la charge subjective qui dépend du vécu du travail de chacun.

L’important sera de trouver un accord entre entreprise et employé pour construire une vision partagée de cette charge mais parfois, cette charge devient une surcharge : heures supplémentaires excessives, objectifs inatteignables, urgences injustifiées. À ce moment, la bascule dans le mal-être est proche.

Les exigences émotionnelles

Les exigences émotionnelles concernent les difficultés dans les relations au public, les difficultés à tenir dans les situations de souffrance ou de détresse sociale, ou encore la peur dans des contextes violents. Elles concernent donc surtout les personnes exerçant dans des métiers au contact du public et peuvent s’avérer émotionnellement exigeantes pour le travailleur. 

En effet, ces personnes doivent savoir faire face à des contacts parfois difficiles avec le public comme des clients venant faire valoir leur mécontentement, des personnes en détresse venant chercher une aide en dernier recours, etc. Mais elles doivent également savoir encaisser des violences verbales et/ou physiques et afficher vis-à-vis du public des émotions parfois en contradiction avec son ressenti comme devoir sourire quand un client exaspère…

Ces difficultés peuvent vite devenir insurmontables et sources de stress intense.

Le manque d’autonomie et de marges de manœuvre

L’autonomie au travail désigne la possibilité d’être acteur dans son travail. Le manque d’autonomie se traduit donc par de faibles marges de manœuvre dans la manière de faire son travail ou des contraintes de rythme de travail auxquelles le travailleur ne peut se soustraire. 

Forcément, le peu d’autonomie d’un salarié risque fatalement d'entraîner une forte monotonie des tâches, ainsi que la faible possibilité de développer des compétences nouvelles.

Les mauvais rapports sociaux et relations de travail

Contrairement au point sur les exigences émotionnelles qui concerne plutôt les rapports avec l'extérieur, les rapports sociaux au travail traitent plutôt de la qualité des relations aux collègues et à la hiérarchie et de leurs impacts sur les perspectives de carrière, l’adéquation de la tâche à la personne, les procédures d’évaluation du travail, la reconnaissance. 

Les conflits de valeur

Parfois, vous pouvez vous sentir en décalage avec les valeurs de l'entreprise, ne pas trouver de sens à ce que vous faites ou avoir la sensation de faire un travail inutile. Par exemple :

Ce décalage peut devenir si insupportable que de nombreux conflits risquent d’apparaître et par ricochet, un mal-être s’installer.

L’insécurité de la situation de travail

Il s’agit ici de l’insécurité socio-économique liée à la peur de perdre son emploi, aux retards dans le versement des salaires, à la précarité d’un contrat, etc., mais aussi du risque de devoir faire face à des changements non maîtrisés liés à l’incertitude sur l’avenir de son métier, la peur de devoir changer de qualification ou de métier sans y être préparé, etc.

Là encore, cette incertitude peut faire jaillir un sentiment de malaise au quotidien qu’il peut devenir urgent de stopper.

Identifier le type de mal-être : burn-out, bore-out, brown-out

Identifier le type de mal-être : burn-out, bore-out, brown-out

Les professionnels de la santé au travail distinguent aujourd’hui trois grandes formes de souffrance professionnelle. Elles n’ont pas les mêmes causes, ni les mêmes manifestations. Vous reconnaître dans l’une d’elles peut vous aider à mettre des mots sur ce que vous vivez — et à identifier la bonne démarche.

Le burn-out : l’épuisement par surcharge

Le burn-out est le syndrome d’épuisement professionnel le plus connu. Il n’apparaît pas du jour au lendemain : il s’installe progressivement, sur des mois voire des années, quand l’équilibre entre les efforts fournis et les ressources disponibles est rompu. Le ministère du Travail le définit comme un « état d’épuisement physique, émotionnel et mental lié à une longue exposition à des situations exigeant une implication émotionnelle importante ».

Selon une étude publiée par OpinionWay pour Empreinte Humaine en 2023, environ 2,5 millions de salariés français seraient en burn-out sévère.

Le bore-out : l’épuisement par l’ennui

Moins connu que le burn-out, le bore-out est son opposé : il s’agit d’un épuisement professionnel provoqué par un sous-emploi chronique. Contrairement à une idée reçue, s’ennuyer au travail n’est pas reposant — c’est épuisant. Le sentiment d’inutilité, la culpabilité d’être payé à ne rien faire et la perte de sens créent un mal-être très proche de la dépression.

Plusieurs études estiment que 15 à 30 % des salariés seraient concernés, toutes générations confondues.

Indicateurs spécifiques au bore-out — vous vous reconnaissez dans…

Le brown-out : l’épuisement par perte de sens

Le brown-out désigne une forme de souffrance professionnelle liée au sentiment que son travail n’a plus de sens — soit parce qu’il est perçu comme inutile, soit parce qu’il entre en contradiction avec les valeurs de la personne. Contrairement au burn-out, la charge n’est pas forcément excessive. Contrairement au bore-out, il ne s’agit pas d’ennui. C’est le sens lui-même qui manque.

Ce phénomène touche particulièrement les grandes organisations où le salarié ne voit pas ce que son travail produit concrètement, et les métiers en conflit avec les valeurs personnelles.

Indicateurs spécifiques au brown-out — vous vous reconnaissez dans…

Que faire en cas de mal-être ?

Que faire maintenant ?

Reconnaître son mal-être est déjà un premier pas essentiel. La question qui vient ensuite est toujours la même : et maintenant, par où commencer ? Voici trois étapes qui se succèdent, sans précipitation.

En parler

La première chose à faire, c’est sortir du silence. Le mal-être au travail se nourrit de l’isolement.

Se faire accompagner pour y voir clair

Une fois la parole libérée, la question devient : est-ce que je peux améliorer ma situation actuelle, ou faut-il envisager un changement ? Pour trancher, plusieurs dispositifs existent.

Envisager un changement

Si la situation ne peut pas s’améliorer sur place, il existe plusieurs voies pour changer — sans tout quitter du jour au lendemain.

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