Comment se reconvertir sans perte de salaire ?

Se former sans perte de salaire pour garder sa qualité de vie et maintenir une sécurité financière sont des conditions non négociables pour bon nombre de candidats à la reconversion.

Sommaire

    Envisager une reconversion professionnelle peut être angoissant et stressant. Non seulement vous devez réfléchir aux conséquences à court et à long terme d'un changement d'emploi mais vous devez également vous assurer de maintenir votre train de vie durant cette transition qui peut durer plusieurs mois.

    En effet, si la reconversion est synonyme de nouveau départ, il engendre souvent des coûts puisque dans plus de 60% des cas, un temps dédié à la formation professionnelle sera indispensable. Or, cela demande des moyens financiers et peut impliquer une perte de salaire.

    Alors, comment faire pour que la transition se fasse en douceur ? Voici 7 solutions concrètes — comparées ci-dessous.

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    Anticiper en mettant de l’argent de côté

    La formation est un élément quasiment indissociable de toute reconversion professionnelle. Que vous envisagiez de changer de carrière ou que vous cherchiez simplement à améliorer vos compétences, investir dans la formation peut s'avérer payant à bien des égards. Toutefois, suivant votre situation, vous devrez peut-être économiser de l'argent pour financer tout ou partie de la formation elle-même. 

    Assurez vos arrières en économisant en amont de votre reconversion. Vous obtiendrez ainsi une somme disponible en cas de besoin (si la transition prend plus de temps que prévu, que vos aides aux financements ne sont pas suffisantes ou encore, le temps de trouver un nouvel employeur).

    Pour aller plus loin sur la question financière, consultez notre guide sur le budget d'une reconversion professionnelle — il détaille tous les postes de dépenses à anticiper.

    Se reconvertir grâce au Projet de Transition Professionnelle (PTP)

    Dispositif remplaçant le congé individuel de formation (CIF), le projet de transition professionnelle permet au salarié de suivre, en dehors du temps de travail, un cursus certifiant, afin de changer de métier.

    Le salarié bénéficie alors, en accord avec son employeur, d'un congé spécifique le temps de se former, tout en conservant sa rémunération. La formation demandée n'a pas besoin d'être en rapport avec son activité.

    Bien entendu, certains prérequis sont à respecter comme justifier de plusieurs années au sein de la même structure.

    L’employeur, qui ne peut refuser une demande de congé dans le cadre d’un PTP, bénéficie d'un remboursement du salaire et de l'ensemble des charges afférentes.

    Une fois la formation terminée, le salarié peut choisir de réintégrer son poste si son projet de reconversion n’a finalement pas pu prendre forme.

    Cette solution est très intéressante pour les salariés qui souhaitent conserver leur salaire, leurs primes, leurs congés payés et autres avantages liés à l’ancienneté, lorsqu’ils suivent une formation longue.

    Taux de maintien de salaire en 2026 : 90 à 100 % du salaire brut pour une rémunération inférieure ou égale à 2 SMIC (3 646,07 € bruts/mois). Pour les rémunérations supérieures : 90 % dans la première année de formation, 60 % ensuite.

    La période de reconversion (ex-Pro-A — mis à jour février 2026)

    Depuis le 1er février 2026, la période de reconversion remplace la Pro-A. Elle permet aux salariés en CDI de se former à un nouveau métier en alternance, sans quitter leur emploi.

    Ce dispositif peut prendre deux formes :

    • Formation en alternance dans l'entreprise actuelle — le salarié alterne périodes de travail et périodes de formation tout en conservant son contrat et son salaire.
    • CDD de reconversion — le salarié intègre temporairement une autre entreprise pour y apprendre un nouveau métier, tout en étant rémunéré. Son contrat d'origine est suspendu.

    Le financement est assuré par les OPCO selon les montants définis par les branches professionnelles. Ce dispositif nécessite l'accord de l'employeur et peut être proposé à l'initiative du salarié ou de l'entreprise.

    Le contrat de travail fait l'objet d'un avenant qui précise la durée et l'objet de la formation.

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    Utiliser le dispositif démission-reconversion

    La réforme de l'assurance chômage de novembre 2019 prévoit la possibilité pour les salariés démissionnaires qui souhaitent suivre un projet de reconversion professionnelle nécessitant le suivi d'une formation ou un projet de création ou de reprise d'une entreprise, de toucher le chômage.

    Cela permet de quitter un poste en CDI pour mener un nouveau projet et se reconvertir dans un nouveau métier. France Travail verse une indemnité pendant la période de formation.

    Certaines conditions sont à respecter : justifier d'une présence de 5 années consécutives comme salarié, et bénéficier d'un accompagnement par un expert de l'évolution professionnelle (CEP) avant de démissionner — la validation du projet est indispensable pour ouvrir les droits.

    Faire un bilan de compétences

    Avant de se lancer à corps perdu dans une formation qui ne correspondrait pas à vos objectifs et deviendrait un gouffre financier, il est une étape qui peut se révéler indispensable : le bilan de compétences.

    Cet outil de diagnostic permet de faire le point sur votre carrière, vos motivations, vos atouts et définir la réorientation et la formation adaptée vers lequel vous devez vous orienter.

    Il peut être financé par le CPF ou autre dispositif de financement. À noter : depuis mai 2024, une participation forfaitaire (de 150 € en 2026) est demandée pour toute formation financée via le CPF (sauf demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, bénéficiaires du RSA et personnes en situation de handicap reconnue RQTH).

    Pour savoir à quel moment intégrer le bilan dans votre parcours, consultez les étapes d'une reconversion professionnelle — le bilan correspond à l'étape 2.

    Solliciter votre employeur avec le Plan de Développement des Compétences

    Vous vous sentez bien dans votre entreprise actuelle mais avez fait le tour de votre poste ? Pourquoi ne pas solliciter votre employeur pour qu’il vous propose d'évoluer en interne par exemple.

    Pour cela, ce dernier dispose du Plan de Développement de Compétences.

    Ce dispositif permet aux employeurs de disposer d'un budget pour former leurs salariés en interne et aux salariés, de suivre une formation à un nouveau poste sans perte de salaire, que ce soit pendant le temps de travail ou en dehors.

    C'est l'option la moins risquée financièrement — la formation est intégralement prise en charge et le contrat de travail reste actif. L'inconvénient : c'est l'employeur qui choisit les formations, pas le salarié.

    Mobiliser son CPF ou suivre une formation rémunérée

    Vous pouvez vouloir suivre une formation sans que votre employeur soit au courant et donc la suivre en dehors de votre temps de travail. Le CPF (Compte Personnel de Formation) permet aussi bien au salarié en poste qu'au demandeur d'emploi, ou encore au travailleur indépendant de financer en tout ou partie des formations certifiantes parmi le catalogue des formations éligibles.

    Il a pour ambition de contribuer au maintien de l'employabilité et à la sécurisation du parcours professionnel.

    Se former et être payé pour cela, c’est possible. Les formations rémunérées ont été mises en place afin d'aider les adultes à suivre une formation qualifiante tout en bénéficiant d'une indemnisation. Elles sont financées grâce à des dispositifs locaux et régionaux. L'État ainsi que l'Union européenne et des organismes, comme France Travail, sponsorisent aussi ce type de formation.

    Plusieurs organismes proposent des formations rémunérées. Ils donnent aux adultes l'occasion d'obtenir un diplôme de CAP jusqu'à un diplôme équivalent Bac+3. À titre d'exemple, l'AFPA ou l'Association Nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes propose des formations diplômantes et des VAE ou validation des acquis d'expérience. Quant au GRETA, le groupement d'établissements liés à l'éducation nationale propose des programmes qui permettent d'obtenir le CAP, le BTS et d'autres diplômes.

    Comparatif des 7 solutions — quel dispositif pour quelle situation ?

    Dispositif

    Maintien de salaire   —   Conditions principales   —   Statut requis

    1. Épargne personnelle

    Variable   —   Aucune condition   —   Tout statut

    2. PTP (Projet de Transition Pro)

    90 à 100 % du salaire   —   2 ans ancienneté en CDI   —   Salarié CDI

    3. Période de reconversion (ex-Pro-A)

    Salaire maintenu en alternance   —   Accord employeur + OPCO   —   Salarié CDI/CDD

    4. Dispositif démission-reconversion

    ARE (chômage)   —   5 ans ancienneté, projet validé CEP   —   Salarié CDI démissionnaire

    5. Bilan de compétences + CPF

    Pas de perte si hors temps de travail   —   CPF disponible   —   Tout actif

    6. Plan Développement Compétences

    100 % maintenu   —   Formation choisie par l'employeur   —   Salarié

    7. Formation rémunérée

    Indemnisation variable   —   Selon dispositif régional / France Travail   —   Demandeur d'emploi principalement

     

    Article mis à jour le 12/05/2026
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