La reconversion des sportifs : quelle vie après ?

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    Qu’ils soient considérés comme de “Haut Niveau” ou professionnels, les sportifs vivent dans une bulle pendant leur carrière. Dans un premier temps, ils sont cocoonés et pressés par leurs coachs ou leurs fédérations pendant une assez courte période. Celle-ci varie généralement entre cinq et quinze ans pour les meilleurs d’entre eux.

    Pendant ce laps de temps, les athlètes sont souvent sous les feux de la rampe et adulés. Puis vient le moment où la nécessité de quitter la compétition et la performance maximale se fait cruellement sentir.

    Et là, c’est le choc. Oubliés du jour au lendemain, ils se heurtent à un mur, ne sachant souvent pas valoriser leurs compétences, à qui s’adresser et comment effectuer des démarches.

    À quel moment et de quelle manière peut se faire une reconversion professionnelle pour ces professionnels pas comme les autres ? Décryptages de l’étendue des possibilités offertes aux athlètes, actuellement ou non en activité.

    Reconversion sportifs

    Que sont devenus les anciens sportifs ?

    Force est de constater que les anciens athlètes se sont reconvertis avec plus ou moins de succès, et que les profils rencontrés aujourd’hui sont des plus variés ! Bien entendu, de nombreux sportifs se sont reconvertis professionnellement dans le même secteur, en devenant par exemple coach sportif ou manager d’une salle de sport.

    Beaucoup ont néanmoins amorcé des virages à 180°, dans une palette de profils extrêmement vaste. Et certains prennent des directions tout à fait singulières ! Ainsi, des sportifs occupent actuellement des postes relativement courants, comme graphistes, paysagistes ou ingénieurs. Mais d’autres embrassent des carrières vraiment étonnantes : Le rugbyman Laurent Spanghero s’est reconverti dans la gestion d’une usine fabriquant du cassoulet, Yannick Noah s’est lancé dans la chanson, et David Douillet dans la politique !

    Une reconversion professionnelle se prépare pendant la carrière sportive !

    S’il exerce actuellement, l’athlète sait qu’une nouvelle vie devra être tracée, à relativement brève échéance. Il est donc nécessaire de réfléchir au plus vite à ce qu’il adviendra de sa carrière par la suite.

    En effet, sans préparation, l’athlète est confronté à la fin de sa carrière sportive à un triple choc. Le premier est identitaire : “Qui suis-je ?”, “Où est ma place si je ne suis plus sportif professionnel” ? Par ailleurs, le changement du rapport intime à son propre corps physique constitue un deuxième bouleversement majeur. Enfin, le fait de passer subitement du piédestal au bas de l’échelle sociale constitue un troisième choc, particulièrement difficile à gérer.

     

    Passé ce cap émotionnel, on n’a toujours pas avancé sur le fond du problème : comment aborder cette reconversion ? C’est la question que se posent les milliers de sportifs qui chaque année tentent de trouver de quoi sera fait leur avenir professionnel. Le problème majeur, c’est qu’ils ne maîtrisent pas les bases d’une recherche d’emploi. De plus, dans la majorité des cas leurs compétences ne coïncident pas avec les attentes des entreprises ; il est donc nécessaire de faire un profond travail sur soi-même, pour déterminer ses souhaits, savoir où l’on en est, et ce que l’on est capable de faire.

     

    Une problématique comprise par l’État

    L’enjeu de la reconversion des sportifs est un sujet de préoccupation des pouvoirs publics depuis les années 1970. Ils considèrent en effet que la réussite sportive est indissociable de celle de la future vie professionnelle. C’est pourquoi a été créée la notion de “double projet” : optimiser sa vie sportive actuelle, sans pour autant négliger l’après-carrière de l’athlète.

     

    Un certain nombre d’initiatives ont été mises en place, notamment :

    - la création du “Pacte de performance” : il s’agit d’un accord entre l’État et l’entreprise, qui permet d’aménager un contrat de travail spécifique à l’emploi du temps du sportif, qui devient mi-salarié, mi-athlète. L’État rembourse en partie l’entreprise des absences de son salarié au travers de divers dispositifs de dédommagement ;

    - la formation continue pendant la carrière : le CESNI (Centre d’Études des Sportifs Nationaux et Internationaux) propose des formations bac à bac+5, autour de thèmes liés au sport, à l’intention des athlètes actuellement en poste.

     

    L’accompagnement personnalisé des sportifs, essentiel pour la reconversion professionnelle

    De nombreux ex-sportifs professionnels se sont reconvertis dans les ressources humaines, le coaching, le droit du sport, la nutrition ou le commerce. Quel que soit le secteur dans lequel l’athlète va se tourner, il est nécessaire qu’il réalise au départ un bilan de compétences. Celui-ci mettra en exergue ses facultés et ses souhaits. De plus, le bilan fera émerger des pistes précises, donnant des indications utiles quant à l’orientation à suivre. Elles peuvent proposer une ou plusieurs formations ainsi qu’un accompagnement personnalisé.

    La formation

    De nombreux organismes de formation prennent spécifiquement en charge les sportifs. On citera en particulier :

    - pour les métiers liés directement au sport, l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) ;

    - pour tout type de métier, MGS Reconversion, pionnier dans le domaine de la reconversion professionnelle dédiée aux sportifs.

    L’accompagnement

    Il existe en outre des réseaux ou des agences d’accompagnement, souvent créées à l’initiative d’anciens sportifs. On trouve notamment :

    - des agences dites “passerelles”, dont le rôle est de mettre en relation les sportifs avec des employeurs ou des instituts de formation. Parmi celles-ci, on citera Athlète Avenue, Sportail Community ou Double Mixte ;

    - des réseaux sociaux réservés aux seuls sportifs. Ce sont des outils d’entraide très utiles aux athlètes tout au long de leur carrière, mais aussi au moment de leur reconversion professionnelle. De plus, ils peuvent faciliter la mise en relation avec des employeurs. On trouve par exemple Sportéki et Collectif Shapers.

     

    Les aides de l’État

    Bien conscient des enjeux cruciaux liés à la reconversion des sportifs, l’État propose des aides réservées à ceux considérés officiellement comme “Haut Niveau”. Ils sont plusieurs milliers en France à pouvoir demander des aides financières. Elles peuvent être :

    - de type social, en fonction de leurs ressources ;

    - liées à la formation, dans le cadre du “double projet” alliant les carrières sportive et professionnelle ;

    - versées à l’employeur, dans le cadre du contrat de travail aux horaires adaptés pour la personne alliant salariat en entreprise et vie sportive.

    Par ailleurs, l’État peut accompagner les sportifs de Haut Niveau avec des aides aux concours et à la formation scolaire pré-universitaire. Ainsi, des dispositifs leur facilitent l’accès aux examens du baccalauréat. De plus, ils sont dispensés de certaines contraintes liées aux pré-requis d’accès aux concours de la fonction publique. Enfin, certains athlètes peuvent bénéficier de formations paramédicales (comme la kinésithérapie ou la psychomotricité) sans devoir passer le concours d’accès préalable.

     

    Les sportifs exerçant à titre professionnel ou de Haut Niveau doivent prendre conscience de la courte durée de leur carrière. Il est primordial qu’ils s’interrogent sur les suites de leur carrière le plus tôt possible. En effet, le tourbillon dans lequel les athlètes sont plongés pendant l'exercice de leur sport peut leur faire perdre le sens de certaines réalités. Pour faciliter le futur nouveau départ, de nombreuses possibilités s’offrent à eux. Des aides publiques, des structures privées ainsi que des réseaux d’entraide existent pour les soutenir et les accompagner tout au long du processus de transition.

    Je-Change-de-Metier vosu accompagne également dans cette démarche on vous proposant de discuter avec des experts de la reconversion.

    Bonne chance à tous !


    Publié le 24 Sept. 2020
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