Ce guide vous explique ce qui se passe concrètement à chaque étape — ce que vous faites, ce que fait le consultant, et ce que vous en tirez. Pour savoir si le bilan est fait pour vous avant de lire la suite, consultez notre page qui peut faire un bilan de compétences ?
Vue d'ensemble : les 4 étapes et leur durée
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Étape |
Contenu — Durée indicative — Engagement |
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0. Entretien préliminaire |
Diagnostic de la demande, présentation de l'organisme — 1 à 2h — Gratuit, sans engagement |
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1. Phase préliminaire |
Co-définition du format, validation du projet de bilan — 1 à 3h — Contrat signé |
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2. Phase d'investigation |
Exploration des compétences, valeurs, motivations, pistes — 15 à 20h — Cœur du bilan |
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3. Phase de conclusion |
Synthèse, document de restitution, plan d'action — 2 à 3h — Livrable final |
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4. Suivi post-bilan |
Vérification de la mise en œuvre du projet — entretien à 6 mois — 1h environ — Souvent inclus |
L'entretien préliminaire : gratuit, sans engagement
Avant de signer quoi que ce soit, tout organisme sérieux propose un entretien préliminaire gratuit et sans engagement. C'est une étape préalable au bilan proprement dit — elle n'en fait pas partie légalement mais elle est indispensable en pratique.
Ce qui se passe pendant cet entretien
Cet entretien remplit plusieurs fonctions simultanément :
- L'organisme vous présente sa démarche pédagogique, les outils utilisés et les modalités de financement disponibles.
- Vous expliquez votre situation, vos attentes et ce qui vous a amené à envisager un bilan.
- Le consultant vérifie que le bilan de compétences est bien l'outil adapté à votre demande — si ce n'est pas le cas, il vous oriente vers une autre démarche (CEP, coaching, VAE...).
- Si les deux parties sont d'accord pour travailler ensemble, les bases du bilan sont posées.
Cet entretien dure généralement entre 1 et 2 heures. Il peut se faire en présentiel ou à distance. La personne qui vous reçoit lors de cet entretien doit être, dans l'idéal, la même qui vous accompagnera tout au long du bilan — vérifiez-le explicitement avant de vous engager.
Ce que vous devez évaluer
L'entretien préliminaire est aussi votre opportunité de tester le consultant. Une relation de confiance est indispensable pour que le bilan soit efficace — vous allez partager des informations personnelles et parfois sensibles pendant 2 à 3 mois. Évaluez : est-ce que cette personne m'inspire confiance ? Est-ce qu'elle écoute vraiment ma demande, ou cherche-t-elle à vendre une prestation ?
Pour aller plus loin sur la sélection de l'organisme, consultez notre guide comment bien choisir son centre de bilan de compétences.
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Phase préliminaire : poser les bases
Une fois l'entretien préliminaire passé et la décision prise de démarrer, la phase préliminaire officielle s'ouvre. C'est la plus courte des 3 phases légales — elle dure généralement 1 à 3 heures.
Elle a pour objectifs de :
- Analyser précisément votre demande et vos besoins — au-delà de ce que vous avez exprimé en entretien préliminaire
- Définir conjointement le format le plus adapté à votre situation (présentiel, distance, rythme des séances)
- Poser les règles du bilan : confidentialité, méthodes utilisées, livrables attendus, conditions d'utilisation des conclusions
- Co-signer le contrat tripartite (vous, l'organisme, et votre financeur si le bilan est pris en charge)
C'est aussi lors de cette phase que le consultant commence à comprendre votre contexte de reconversion spécifique — vos contraintes de vie, votre horizon de temps, vos blocages éventuels. Ces informations orienteront la phase d'investigation.
Phase d’investigation : identifier le potentiel et ouvrir des perspectives
C'est l'étape la plus longue et la plus riche. Elle concentre l'essentiel du travail — généralement 15 à 20 heures réparties en séances de 1h30 à 2h, à un rythme d'une séance par semaine environ.
La phase d'investigation se déroule en deux dimensions complémentaires : une dimension rétrospective (qui êtes-vous, d'où venez-vous, qu'avez-vous fait ?) et une dimension prospective (vers où pouvez-vous aller, qu'est-ce qui est réaliste et motivant pour vous ?).
Ce qui est exploré pendant cette phase
Le consultant mobilise différents outils selon sa méthode — tests psychométriques, questionnaires de personnalité, exercices de mise en situation, dialogues structurés — pour explorer plusieurs dimensions :
- Vos compétences réelles — pas celles de votre fiche de poste, mais celles que vous avez effectivement mobilisées et maîtrisées. Pour le détail des compétences évaluées, consultez notre page compétences évaluées lors d'un bilan.
- Vos valeurs professionnelles — ce qui compte vraiment pour vous dans un métier : autonomie, utilité sociale, créativité, sécurité, reconnaissance...
- Vos motivations profondes — ce qui vous donne de l'énergie, pas simplement ce qui vous satisfait.
- Votre personnalité professionnelle — votre style de travail, vos modes de fonctionnement en équipe, votre rapport à l'autorité, au risque, au changement.
- Vos contraintes de vie — géographie, disponibilité, situation financière, contraintes familiales — intégrées directement dans le projet.
Ce que produit cette phase
À l'issue de la phase d'investigation, le consultant dispose d'une image précise de votre profil. Il peut alors identifier des pistes métiers réalistes, cohérentes avec vos compétences et motivations, et vérifier leur faisabilité dans le marché de l'emploi local.
Pour les profils en reconversion qui n'ont pas encore de piste claire, cette phase ouvre de nouvelles perspectives — parfois inattendues. Pour ceux qui ont déjà une idée, elle permet de la valider — ou de l'affiner.
La dimension reconversion : ce qui change par rapport à un bilan classique
Dans un contexte de reconversion, la phase d'investigation va plus loin qu'un simple inventaire de compétences. Elle explore aussi :
- Les compétences transférables vers le nouveau domaine envisagé — souvent sous-estimées par le bénéficiaire lui-même
- Les écarts de compétences entre le profil actuel et les exigences du métier cible — pour dimensionner la formation nécessaire
- La réalité du marché dans le secteur visé — recrutements, salaires, tensions, zones géographiques, accès
- Les freins psychologiques éventuels — syndrome de l'imposteur, peur de l'échec, représentations limitantes
Si ces freins sont présents, notre article sur le syndrome de l'imposteur et reconversion peut aider à les identifier et à les travailler en parallèle.
Phase de conclusion : obtenir une feuille de route
La phase de conclusion dure généralement 2 à 3 heures. Elle constitue l'aboutissement de tout le travail accompli — et débouche sur un document concret que vous gardez.
Le document de synthèse
C'est le livrable central du bilan de compétences. Il est rédigé par le consultant sur la base de tout ce qui a été exploré ensemble, puis soumis à votre approbation avant d'être finalisé. S'il ne reflète pas votre ressenti ou votre projet, vous pouvez demander des modifications.
Ce document contient :
- Un récapitulatif de vos compétences, aptitudes et motivations
- Les pistes professionnelles retenues et les raisons de leur pertinence
- Les éventuels écarts de compétences à combler et les formations recommandées
- Un plan d'action avec les prochaines étapes concrètes
- Les conditions favorables à la réalisation du projet
Ce document est strictement confidentiel — il vous appartient. L'organisme en conserve une copie pendant 1 an. Votre employeur ne peut pas y accéder sans votre accord écrit explicite. La confidentialité du bilan est une garantie imposée par le Code du travail (art. R6322-37).
Ce qui se passe lors de la séance de conclusion
La séance de conclusion n'est pas un simple dépôt de document. C'est un échange structuré au cours duquel consultant et bénéficiaire :
- Relisent ensemble les principales conclusions
- Valident que le projet est réaliste et motivant
- Identifient les premières actions concrètes à lancer dans les 30 jours
- Précisent les modalités du suivi post-bilan
Le suivi post-bilan : transformer le projet en réalité
La loi impose à l'organisme de proposer un entretien de suivi à 6 mois après la fin du bilan (Code du travail, art. R6322-43). La plupart des organismes sérieux le proposent systématiquement, parfois accompagné d'un suivi intermédiaire à 3 mois.
Cet entretien permet de vérifier que le projet avance concrètement, d'identifier les obstacles apparus depuis la conclusion, et d'apporter un soutien ou des ajustements si nécessaire. Pour les bénéficiaires en reconversion, c'est souvent l'étape qui fait la différence entre un bilan resté dans un tiroir et un projet réellement mis en œuvre.
Pour savoir comment exploiter au mieux le document de synthèse après le bilan, consultez notre guide Que faire après un bilan de compétences ?