Phénomène bien connu du secteur privé, l’envie de changement professionnel démange toutefois de plus en plus de fonctionnaires. Peut-être est-ce votre cas ?
74 % des agents publics déclarent que leur travail est utile à la société (DGAFP, baromètre social 2022). Pourtant, donner une nouvelle direction à sa carrière fait à présent partie de leurs aspirations courantes.
Si vous envisagez de donner un nouveau souffle à votre vie professionnelle, l’article qui suit vous y aidera certainement.
C’est vrai, quelle drôle d’idée que de vouloir se reconvertir quand on est agent de la fonction publique. Les avantages d’être fonctionnaire sont pourtant nombreux : sécurité de l’emploi, rémunération évolutive, grande diversité de filières professionnelles...
Et pourtant, les raisons qui peuvent vous pousser à claquer la porte pour aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs sont tout aussi nombreuses que pour les salariés :
Bref, les raisons qui vous poussent à la reconversion sont multiples et propres à chacun.
Si vous vous demandez si vous avez encore l’âge pour changer de métier, sachez qu’il n’y a pas d’âge idéal pour changer de voie professionnelle et ce, même en étant fonctionnaire.
Tout plaquer du jour au lendemain pour se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle n’est pas une mince affaire et il est normal et même indispensable de s’y préparer convenablement.
Mais alors, comment réussir ma reconversion ?
En premier lieu, il convient de vous assurer que vous êtes réellement sûr de vouloir vous réorienter. Pour ce faire, vous devrez faire le point sur vos aspirations en définissant ce qui ne vous convient plus, ce qui vous manque et ce dont vous avez réellement envie.
Une reconversion qui ne ferait que combler une impression d’ennui ou palier à un stress trop fréquent dans votre job actuel ne serait pas forcément la solution. Il est indispensable de vous assurer que votre situation n’est pas un simple passage à vide, une lassitude dans votre métier au quotidien ou une réelle voie sans issue.
Attention, nous ne parlons pas uniquement des moyens financiers. Différents aspects de votre vie vont devoir être passé au crible :
Dans la fonction publique, on parle de mobilité interne si l’agent change de poste, d'emploi ou de service dans la même administration, et externe s’il change d'employeur public. La mobilité est un droit pour les fonctionnaires et se concrétise de diverses façons :
Mobilité réservée aux fonctionnaires titulaires, la mutation permet de changer d'emploi sans changer de corps ou de cadre d'emplois, et sans changer de grade, ni d'ancienneté. La mutation s'effectue au sein de la fonction publique d’appartenance.
La mise à disposition permet au fonctionnaire de travailler hors de son administration d'origine sans rompre le lien avec elle. Il reste dans son corps ou cadre d'emplois d'origine et continue à percevoir la rémunération correspondant à son emploi dans son administration d'origine.
Le détachement est la position du fonctionnaire placé hors de son corps d'origine et continuant à bénéficier dans ce corps de ses droits à avancement et retraite. D’une durée de 6 mois à 5 ans, il peut être renouvelé (pour une longue durée seulement) mais aussi révoqué.
L’intégration directe permet de changer de corps ou de cadre d'emplois, sans détachement préalable, dans le cadre d'une mobilité. Les corps et cadres d'emplois d'origine et d'accueil doivent être de même catégorie et de niveau comparable.
En disponibilité, le fonctionnaire cesse temporairement d'exercer son activité dans la fonction publique, de bénéficier de sa rémunération, de ses droits à avancement et de ses droits à la retraite. D’une durée max. de 2 ans, elle permet souvent de se former pour changer de métier.
Cela vous surprendra peut-être, mais oui, un agent de la fonction publique peut décider de rompre sa relation de travail avec l'administration et quitter définitivement son emploi en démissionnant. Il perdra alors son statut de fonctionnaire. Avant de cesser d’exercer ses fonctions, le fonctionnaire titulaire ou stagiaire doit attendre la réponse de l’administration car il ne peut quitter son service qu'à condition que sa démission soit acceptée par l'administration. En cas de refus de la démission, le fonctionnaire peut saisir la commission administrative paritaire et après 4 mois sans réponse, doit refaire sa demande.
Se reconvertir est une décision lourde de sens et de conséquences. Être bien accompagné peut se révéler indispensable pour faire de cette nouvelle aventure une réussite. Heureusement, en tant que fonctionnaire, vous disposez de multiples possibilités qui vous aideront à faire les bons choix.
Le bilan de compétences dans la fonction publique est une étape essentielle dans le processus de reconversion professionnelle quel que soit le statut du demandeur. En permettant de faire le point sur ses envies, besoins, compétences et aptitudes, il permet de progresser vers la voie professionnelle qui convient le mieux et de définir un projet viable.
Selon, Les conditions d'éligibilité sont fonction de l'administration dont vous dépendez et de votre ancienneté mais le fonctionnement est ensuite identique aux salariés.
Certes, vous êtes le principal acteur de votre projet de mobilité. Mais vous pouvez également vous reposer sur des réseaux de conseillers mobilité carrière (CMC) chargés de travailler en synergie avec un ensemble d’acteurs impliqués dans la démarche d’accompagnement des fonctionnaires dans leur évolution ou reconversion professionnelle.
Ouvert à tous les agents, qu’ils soient titulaires ou non, des trois fonctions publiques, le congé de formation professionnelle est un dispositif idéal pour tous ceux qui souhaitent réaliser un projet personnel de formation en vue d'une reconversion, accéder à un niveau supérieur de qualification ou acquérir de nouvelles compétences professionnelles.
Ce congé d'une durée maximale de 3 ans est rémunéré pendant 12 mois.
Lors d’une reconversion professionnelle, il est fort courant de suivre des formations et ce congé est alors un atout.
Un fonctionnaire qui décide de changer de métier peut se demander s’il aura le droit d’exercer n’importe quelle fonction par la suite que ce soit en tant que salariée ou non, dans une entreprise privée ou une activité libérale.
Bonne nouvelle, la réponse est oui dans la mesure où elle est compatible avec les avec les principes déontologiques de la fonction publique :
C’est la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qui se prononce sur ce point. La saisine de la HATVP n'est obligatoire que pour les agents occupant les emplois les plus exposés ; pour la très grande majorité des agents, c'est l'autorité hiérarchique qui effectue elle-même le contrôle déontologique, en pouvant saisir facultativement le référent déontologue ou la HATVP en cas de doute sérieux.
La question du financement d’une formation ou d’un bilan de compétences se pose toujours qu’on soit salarié ou fonctionnaire et bien souvent peut faire hésiter ceux qui rêvent de se reconvertir. Heureusement, de nombreux dispositifs existent dont le Compte Personnel de formation pour fonctionnaire. Son fonctionnement est légèrement différent du CPF attribué aux salariés mais permet tout autant d'accéder aux actions de formation relative :
Contrairement au salarié qui se voit alimenter en euros, le fonctionnaire voit son CPF s’alimenter en heures : 25 heures par an dans la limite d'un plafond total de 150 heures (pour les agents de catégorie C dépourvus de qualification, le CPF est alimenté à raison de 50 heures par an, dans le respect d'un plafond inchangé de 400 heures).
Lorsque l'agent ne dispose pas de droits suffisants pour accéder à une formation, il peut demander à utiliser par anticipation les droits qu'il pourra acquérir au cours des 2 années suivantes.
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