Quelle reconversion professionnelle suite à un handicap ?

Sommaire

    Avec un taux de chômage des handicapés deux fois supérieur à celui des personnes valides (près de 20% en 2018 dont plus de la moitié âgés de 50 ans ou plus), il apparaît évident que changer de vie professionnelle suite à une situation de handicap n’est pas chose aisée. Pourtant, de plus en plus de personnes choisissent cette voie.

    Si à une certaine époque, la reconversion professionnelle était considérée comme un « échec », Ce qui n'est plus le cas de nos jours. 

    Elle est même perçue comme une véritable prise de conscience et une opportunité pour prendre un nouveau départ à la suite d'un désir de renouveau mais également, après un accident de la vie. 

    Si vous ne pouvez plus exercer votre métier pour des raisons de santé, de maladie ou d’accident, vous pouvez envisager une reconversion professionnelle car comme tout travailleur handicapé, vous bénéficiez :

    • d’un accompagnement personnalisé à l'élaboration d'un projet professionnel,
    • d'une formation  pour acquérir de nouvelles qualifications,
    • d’aides dans votre parcours pour retrouver un emploi

    La reconversion en cas de handicap

    Obtenir la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé

    Quand vous êtes en situation de handicap, changer de métier peut être un long processus. Afin de faciliter votre orientation professionnelle, il est recommandé de faire reconnaître sans tarder votre handicap auprès de la Maison départementale des personnes handicapées ou MDPH dont vous dépendez en y déposant votre dossier. Il s'agit d'un préalable à la réalisation de votre projet de reconversion. 

    La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ou RQTH définit la prestation de compensation, le complément de ressource et l'allocation perçue. Son délai d'obtention varie de 3 à 6 mois.

    Les missions de la MDPH sont d'évaluer votre situation en tenant compte de votre handicap, d'identifier vos besoins par rapport à votre nouveau projet de vie et d'apporter les réponses appropriées à ceux-ci. Sur la base de votre projet et de la réglementation en vigueur, la MDPH soumet ensuite une proposition à la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées ou CDAPH. Puis, cette dernière attribue ou non la RQTH.

    La solution la plus simple : le reclassement en interne

    Si le salarié est déclaré inapte par un médecin du travail, il doit se voir reclassé, et seulement en cas d’impossibilité de reclassement, il pourrait être licencié par l’employeur. Cette règle obéit aux articles L.1226-2 et L.1226-10 du Code du travail qui donne à l’employeur un délai d’un mois à compter de l’examen médical pour trouver une mission appropriée aux capacités du salarié et similaire à l’emploi précédent. Cette solution simple consiste donc à rester dans la même organisation, en changeant seulement de poste.

    Vous devez discuter au préalable avec votre manager, la médecine du travail et le service Ressources Humaines sur sa faisabilité ou non. Si oui, vous trouvez ensemble le meilleur moyen d'aménager votre nouveau poste de travail et vos horaires de présence. En général, le reclassement en interne est mis en œuvre dans les grandes entreprises. Il est plus difficilement envisageable dans les TPE et les PME.

    S'il ne peut pas reclasser le salarié dans l’entreprise, il doit tenter de le faire dans l’une du groupe de sociétés auquel l’employeur pourrait appartenir.

    La survenance d’un handicap n’impose donc pas à la personne victime de celui-ci de devoir obligatoirement démissionner ou changer d'employeur. Cela est d'autant plus important que la personne a besoin moralement de continuer à vivre le plus normalement possible.

    En d'autres termes, le reclassement en interne est une alternative à ne pas négliger avant de penser à quitter votre employeur actuel pour une nouvelle entreprise. 

    Faire un bilan de la situation et définir un projet de vie professionnelle

    La reconversion professionnelle est un projet complexe qui nécessite de la préparation avant sa mise en œuvre. De ce fait, il est préconisé d'effectuer un bilan de votre situation. Cela consiste à dresser la liste complète de vos compétences et de vos points forts, mais également de vos faiblesses. De plus, vous devez prendre en compte vos objectifs de vie et vos envies. Dans tous les cas, il ne faut pas voir votre changement de vie professionnelle en raison d'un handicap comme un échec, mais comme une chance pour un nouveau départ.

    Une personne handicapée peut donc, comme tout autre salarié, être amenée au cours de sa carrière à réaliser un bilan de compétences afin de réfléchir sur sa situation et ses possibilités d’évolution au regard de son handicap.

    Une fois ce bilan global établi, vous devez définir votre nouveau projet professionnel à partir de tous les éléments à votre disposition. Plusieurs points sont à aborder : secteur d'activité envisagé, métier voulu, acquisition de nouvelles compétences, aménagements indispensables, compatibilité avec la vie personnelle, etc. 

    Ensuite, vous procédez à l'approfondissement de votre projet et la recherche de solutions concrètes. De nos jours, vous pouvez bénéficier d'un grand nombre de dispositifs dans la mise en œuvre de votre reconversion.

    Arrêter la décision de reconversion et commencer la réalisation du projet

    Avec des objectifs précis et un plan d'action clair, il ne vous reste plus qu'à prendre votre décision de changer de vie professionnelle.

    Différents organismes comme la MDPH et CAP Emploi sont présents pour vous accompagner dans la mise en œuvre de votre nouveau projet de vie professionnelle. Cela vous permet de vous reconvertir progressivement et en toute sérénité. Vous disposez de temps pour apprécier si le secteur d'activité vous convient bien et votre nouvelle fonction compatible avec votre situation de handicap. Cela vous assure une transition en douceur.

    À ce stade de votre reconversion, vous êtes déjà au cœur de l'action. La réalisation de votre nouveau projet professionnel peut épouser diverses formes. Dans le cas où vous occupez déjà un poste, vous pouvez demander votre reclassement en interne, opter pour une rupture conventionnelle, prendre un congé pour création d'entreprise, etc. Par contre, si vous n'êtes pas encore en poste, vous pouvez vous inscrire à Pôle Emploi et obtenir un numéro d'identification. Vous percevez alors des allocations chômage et/ou des sources de financement.

    Mettre toutes les chances de son côté pour une reconversion réussie

    Malgré une réflexion approfondie et une préparation méticuleuse, changer de métier n'offre aucune garantie de succès. Le mieux est de mettre toutes les chances de votre côté en suivant une formation pour travailleur handicapé. En tant que travailleur handicapé, vous pouvez profiter des dispositifs de formation de droit commun. 

    De même, l'obtention de la RQTH vous permet d'accéder au contrat de professionnalisation sans restriction d'âge et au contrat d'apprentissage. Vous bénéficiez en plus des adaptations nécessaires pour l'aménagement et la durée des formations.

    Si votre handicap est apparu suite à une maladie ou un aléa de la vie et vous rend inapte à l'exercice de votre profession, vous êtes aussi éligible au stage de rééducation professionnelle par le biais de la MDPH. Ce stage vous offre l'occasion d'apprendre un nouveau métier dans un centre de rééducation professionnelle ou CRP. 

    Il s'agit généralement d'une formation diplômante et/ou professionnalisante dans des domaines très diversifiés comme la logistique, l'informatique, le bâtiment, la sécurité, etc. Il existe plus de 90 CRP dans tout l'Hexagone.


    Publié le 05 Oct. 2020
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