10 questions à se poser pour ouvrir un restaurant suite à une reconversion

Découvrez les différentes étapes pour ouvrir un restaurant lors d’une reconversion.

10 questions à se poser pour ouvrir un restaurant suite à une reconversion

Vous êtes cuisinier (ou en devenir) et souhaitez ouvrir votre propre restaurant ? Vous évoluez dans l’univers de la restauration et envisagez de créer votre établissement ? Vous êtes en reconversion et vous avez comme projet d’ouvrir un fast-food ?

Quelle que soit votre situation, nous avons listé quelques questions à vous poser afin que votre projet d’ouvrir un restaurant devienne réalité.

1) Puis-je ouvrir un restaurant sans diplôme ?

La réponse est oui. Il n'est pas nécessaire d'avoir un diplôme particulier pour créer un restaurant de A à Z ou en reprendre un existant.

Pour se préparer à son futur métier, il est conseillé d'effectuer un stage d'immersion dans le secteur de la restauration et de suivre une formation à la création d’entreprise.

Néanmoins, j’ai entendu dire que la possession d’un diplôme était obligatoire. Dans quels cas ?  

En effet, dans le cas où un cuisinier souhaite obtenir la qualité d’artisan, il doit respecter certaines conditions : 

  • être titulaire d’un diplôme de niveau au moins égal au CAP cuisine ou posséder au moins 3 ans d’expérience professionnelle
  • être le chef d'entreprise (de son restaurant) et n'employez pas plus de 10 salariés
  • sa cuisine doit répondre intégralement aux critères du « fait maison ».

Une fois ces conditions remplies pour devenir artisan cuisinier, il doit déclarer son activité en s'immatriculant au répertoire des métiers.

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2) Connaissez-vous le marché de la restauration ?

Non ? Alors dans ce cas, vous devez réaliser une étude de marché afin de vérifier s'il est opportun de vous lancer, s'il existe bien une opportunité commerciale au niveau de la zone d'implantation que vous envisagez, mais également pour définir la stratégie commerciale optimale à adopter. 

L’étude de marché doit répondre à certaines questions comme : 

  • Quelle est la tendance du marché de la restauration ?
  • Quels sont les concepts en vogue ?
  • Combien de fois par an les gens vont-ils au restaurant en moyenne ?
  • Combien de temps les clients prennent-ils pour déjeuner ou dîner ?
  • Quel est le ticket repas moyen par client ?
  • S'agit-il de restaurants indépendants ou de chaînes ?
  • Quelle est la taille de la population locale ?
  • Quelles sont les caractéristiques démographiques (pyramide des âges, répartition hommes/femmes, CSP, revenu, taux de chômage...) ?
  • Quels sont vos concurrents ? Étudiez tous les restaurants présents dans le quartier que vous ciblez et également les restaurants qui présentent des offres similaires à la vôtre dans d’autres zones.
  • Quel type de cuisine proposent-ils ?
  • Où sont-ils implantés ?
  • S'agit-il d'indépendants ou de chaînes ?
  • Quels sont leurs points forts (pour les copier) ?
  • Quels sont leurs points faibles (pour éviter de les reproduire) ?

3) Quel type de restaurant souhaitez-vous ouvrir ? 

Après avoir réalisé une étude de marché, vous devez ensuite réfléchir au type de restaurant que vous souhaitez ouvrir en fonction  :

  • de vos envies
  • de votre budget
  • de vos compétences
  • de votre expérience dans le métier d'entrepreneur
  • de votre expérience dans la restauration
Reconnue pour sa gastronomie, la France compte un total de 175 000 restaurants, dont plus de 10% sont implantés à Paris (Les Echos de la Franchise).

Ce secteur est composé de la restauration traditionnelle et de la restauration rapide, qui représentait 43% du secteur en 2021, après une période de croissance extrêmement dynamique (+7 points par rapport à 2019.

Parmi les restaurants traditionnels, on trouve
- les restaurants indépendants (qui représentent plus de 90% du secteur)
- et les restaurants sous enseigne (qui génèrent 25% du chiffre d’affaires du secteur) positionnés sur 4 segments de marché différents : les brasseries, les pizzas, la viande et la cuisine du monde (tapas, tex-mex, sushis...)

Parmi les enseignes de restauration rapide (ou fast-foods), on trouve 
- les sandwicheries : Pomme de Pain, La Brioche Dorée…
- les restaurants de burger : McDonald's, Burger King, KFC… 
- les pizzerias : Pizza Hut, Domino's Pizza, La Boite à Pizza…
- les restaurants avec concepts à thème : les tacos, les kebabs, les bars à salade, les pâtes…

Pour vous aider à faire le bon choix de restaurant, posez-vous les questions suivantes :

  • Souhaitez-vous ouvrir un restaurant traditionnel ou bien un fast-food ?
  • Quel type de cuisine souhaitez-vous servir ? Rapide, à emporter, une cuisine vegan, des plats gastronomiques du terroir ?
  • Quel type de clientèle ciblez-vous ? Des salariés en pause déjeuner, des familles, des étudiants, des couples d'amoureux à la recherche d'une atmosphère cosy ? 
  • Préférez-vous ouvrir un restaurant aux tarifs accessibles ou plutôt haut de gamme ?
  • ….

Quoi qu’il en soit, l'important est de créer une identité propre à votre restaurant, un concept fort, afin de pouvoir vous démarquer de vos concurrents tout en correspondant aux besoins de votre cible.

4) Ouverture d’un restaurant en franchise ou en indépendant : quelle est la meilleure solution ? 

Ouvrir un restaurant sous enseigne permet de bénéficier de la renommée d’un grand réseau et de sa force de frappe marketing, de limiter les choix à effectuer (beaucoup proposent un accompagnement personnalisé), de minimiser les risques d'échec….

Malgré tous les avantages, rejoindre un réseau a également des contreparties non négligeables comme le montant du droit d'entrée assez élevé selon les franchises.

Exemples de montant de droit d’entrée : 

  • Domino’s Pizza : 25 000€
  • Brioche Dorée : 30 000€
  • Burger King : 33 000€
  • Au bureau : 45 000€

De plus, vous serez moins indépendant puisque vous serez obligé de vous conformer aux normes de la maison-mère.

À vous d’évaluer les avantages et les inconvénients d'une création d'entreprise en franchise et de les confronter à vos envies et à vos aspirations.

5) Où ouvrir son restaurant ? 

Une fois que vous avez choisi le type de restaurant que vous souhaitez ouvrir, il est indispensable de choisir son emplacement. C’est un élément essentiel pour la réussite de votre projet. 

Il est indispensable de choisir un emplacement suffisamment fréquenté afin de bénéficier d’une bonne visibilité et donc d’un flux suffisant de clients. 

Si vous ciblez une clientèle de professionnels lors de leur pause déjeuner, ouvrir un restaurant dans une zone industrielle est un choix logique. 

Par contre, si vous cherchez à attirer des clients à la recherche d’un lieu unique pour une occasion spéciale, privilégiez plutôt un emplacement avec une vue atypique (proximité avec un cours d’eau, rooftop…).

Pour trouver l’emplacement idéal, posez-vous les questions suivantes :

  • La zone de chalandise est-elle suffisamment importante ?
  • La zone est-elle suffisamment passante (piétons, voitures) ?
  • Le restaurant est-il facile d'accès en voiture ou en transports en commun ?
  • Le restaurant a-t-il des places de parking?
  • Quels commerces et concurrents  sont situés à proximité ?
  • La vitrine est-elle bien visible depuis le trottoir ?

Une fois l’emplacement choisi, il vous faut choisir un local adapté qui doit être suffisamment spacieux pour pouvoir contenir  : la salle avec le nombre de couverts prévus, la cuisine, la zone de stockage des produits et la chambre froide, l’espace d’accueil des clients….

Vous avez aussi la possibilité de reprendre un restaurant, ce qui vous permettra de bénéficier d’un local déjà équipé et d’une clientèle existante.

6) Quel statut juridique choisir pour ouvrir un restaurant ?

Comme pour toute création d’entreprise, en ouvrant ou en reprenant un restaurant, vous allez devoir choisir un statut juridique.

Si vous souhaitez vous lancer seul(e), vous pouvez opter pour

  • une entreprise individuelle : c’est un bon moyen pour tester un projet
  • le régime de la micro-entreprise : ce statut est plus adapté à un petit restaurant, sans salarié.
  • une EURL ou une SASU : pour commencer seul(e) avec l’idée de se développer

En revanche, si vous envisagez de vous associer avec au moins une autre personne, vous devez vous orienter vers la création d’une société pluripersonnelle comme 

  • une SARL : cette forme juridique est adaptée aux projets familiaux.
  • une SAS : ce statut inspire confiance aux investisseurs et s’adapte plus facilement à l’évolution de l’activité.

7) Quel budget prévoir pour ouvrir un restaurant ?

Pour ouvrir un restaurant en France, il faut généralement compter un investissement initial de 300 000 à 400 000€ (selon Toute La Franchise). Le budget exact dépendra de la taille que vous souhaitez et de la localisation du restaurant.

En général, les investissements suivants sont à prévoir :

  • l’aménagement et l’agencement du local ainsi que sa mise aux normes
  • le matériel de cuisine : fours, plaques de cuisson, réfrigérateurs, congélateurs, ustensiles…
  • la chambre froide
  • le mobilier du restaurant : tables, chaises, décoration…
  • l’aménagement du bar

A cela s’ajoutent les charges : 

  • les frais de création du restaurant : rédaction des statuts juridiques, immatriculation...
  • la caution pour le local et une réserve pour assurer les loyers des périodes suivantes
  • les frais d'agence immobilière (si nécessaire)
  • les dépenses d'énergie : eau, gaz, électricité
  • la souscription à un abonnement téléphonique
  • les achats de nourriture et boissons
  • la cotisation de l’assurance professionnelle
  • les dépenses en communication
  • les frais bancaires
  • les honoraires d’un expert-comptable
  • les charges de personnel (cuisinier, commis, serveur…) qui représentent au moins 25% des dépenses d’un restaurant

8) Puis-je ouvrir un restaurant sans apport ?

Ouvrir un restaurant sans apport est difficile mais pas impossible. 

Bien que des financements bancaires soient possibles, les banques exigent un apport de façon quasi-systématique.

Si certaines exigent jusqu’à 30% d’apport personnel pour un investissement propre, l’apport exigé dépend d’un certain nombre de critères : importance du restaurant, montant du prêt exigé, rentabilité du projet, investissements antérieurs, relations avec son banquier...

Par exemple, ouvrir un petit restaurant à la campagne ne nécessite pas forcément un gros apport (puisque l'investissement initial est limité) contrairement à un restaurant gastronomique dans un quartier chic de Paris.

Pour compléter son épargne personnelle et ainsi augmenter son apport, il est possible d’avoir recours à la love money (levée de fonds auprès de proches) ou au crowdfunding (financement participatif).

9) Est-il possible d’avoir des aides ou des subventions ?

Oui et vous avez tout à intérêt à vous renseigner avant d’ouvrir votre restaurant.

Elles sont déterminées par votre statut, votre situation géographique, votre âge…

Ces aides peuvent prendre la forme de prêts, de subventions, de bonifications d’intérêt, d’accompagnement à la création d’entreprise ou de formations…

Rapprochez-vous de votre banque, de votre conseiller Pôle Emploi, de votre département ou région pour estimer les aides auxquelles vous pouvez avoir droit.

10) Avez-vous vérifié les réglementations à respecter ?

Pour ouvrir un restaurant, vous devez aussi respecter les réglementations propres à cette activité et obtenir certaines autorisations :

  • Déclarer votre activité et l'identité de votre restaurant, 15 jours à l’avance minimum et par écrit, à la mairie de la commune d’implantation de votre restaurant ou à la préfecture de police à Paris
  • Obtenir et afficher la licence professionnelle, appelée aussi permis d'exploitation, pour avoir le droit de vendre de l’alcool. Suivre une formation de 2 jours et demi (20 heures) est obligatoire pour l’obtenir.
  • Respecter des règles spécifiques pour la vente d'alcool la nuit, sur place ou à emporter
  • Demander l’autorisation (en mairie ou préfecture) pour installer ou utiliser une terrasse sur l'espace public
  • Respecter les règles d'hygiène (au moins une personne dans votre restaurant doit avoir suivi la formation obligatoire HACCP)
  • Être conforme aux normes de sécurité et d’accessibilité aux personnes handicapées applicables aux établissements recevant du public (ERP)
  • Afficher la signalisation de l’interdiction de fumer à l’intérieur du restaurant, la réglementation sur la répression de l'ivresse publique et la protection des mineurs (interdiction de vente d'alcool aux moins de 18 ans)
  • Obligation d’affichage des prix, de l’origine de toutes les viandes, de la dénomination des vins, de la mention du service compris ou non sur la carte, de la mention et du logo  "fait maison"...
  • Demander l’autorisation préalable de la SACEM et payer une redevance pour diffuser de la musique
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