Présentation du métier de conseiller en évolution professionnelle
Qu’est-ce qu’un conseiller en évolution professionnelle ?
Créé lors de la mise en place du dispositif CEP en 2014, puis renforcé par la loi Avenir professionnel de 2018, le métier de conseiller en évolution professionnelle (code ROME K2112) s'est imposé en moins d'une décennie comme un rouage central de l'accompagnement des transitions de carrière en France.
Ce professionnel accompagne des actifs de tous horizons, salariés en questionnement, cadres en reconversion, demandeurs d'emploi, travailleurs indépendants, jeunes en insertion, dans la construction et la mise en œuvre d'un projet professionnel cohérent. Il opère au sein d'organismes habilités : France Travail, APEC, Missions locales, Cap emploi, et des opérateurs régionaux privés désignés par France Compétences (Avenir Actifs, Catalys, AKSIS, Tingari…).
Le CEP est un service gratuit, financé par l'État, d'une durée courte (1 à 3 entretiens en général). Le bilan de compétences est une prestation payante (1 500 à 3 000 €), beaucoup plus approfondie (jusqu'à 24 heures), réalisée par un organisme certifié Qualiopi. Le CEP peut orienter vers un bilan. Les deux métiers partagent des compétences communes, mais le cadre d'exercice et les employeurs sont très différents.
Missions principales du CEP
Les missions d’un conseiller en évolution professionnelle sont les suivantes :
- Accueillir et analyser la demande de chaque bénéficiaire (diagnostic de situation)
- Informer sur les dispositifs d'évolution disponibles : CPF, VAE, bilan de compétences, PTP, Transitions Pro
- Accompagner la construction d'un projet professionnel réaliste (reconversion, mobilité interne, création d'activité…)
- Identifier les formations pertinentes et les financements mobilisables
- Orienter vers des opérateurs spécialisés si nécessaire (juristes, psychologues, travailleurs sociaux)
- Animer des ateliers collectifs d'information et d'orientation
- Assurer le suivi du bénéficiaire tout au long de son parcours
- Contribuer à la veille sur le marché de l'emploi local et les métiers en tension
Où exerce le conseiller en évolution professionnelle ?
Le conseiller peut travailler dans le public ou dans le privé.
Il peut exercer au sein d'un organisme CEP habilité :
- France Travail (demandeurs d'emploi),
- APEC (cadres en activité ou en recherche),
- Missions locales (jeunes de 16 à 25 ans),
- Cap emploi (personnes en situation de handicap),
- Opérateurs régionaux privés mandatés par France Compétences (pour les salariés du secteur privé),
- Entreprise au sein d'un service RH ou d'une cellule de mobilité interne.
Le CEP peut également intervenir auprès du département RH ainsi que dans le bureau des mobilités internes dans une grande entreprise.
Tendance de la profession
Le dispositif CEP mobilise cinq opérateurs nationaux : France Travail, l'APEC, les Missions locales, Cap emploi, et les opérateurs régionaux désignés par France Compétences (Avenir Actifs, Catalys, AKSIS, Tingari et leurs équivalents régionaux). Ces structures recrutent régulièrement, portées par la croissance des demandes d'accompagnement.
Les signaux du marché sont positifs pour ce profil. Selon les enquêtes annuelles, 85 % des bénéficiaires du CEP se disent satisfaits de l'accompagnement reçu (enquête satisfaction, 2024). Les opérateurs privés recrutent des profils reconvertis issus des RH, de la formation et du conseil, souvent sans exiger un parcours académique traditionnel, à condition de pouvoir justifier d'une réelle compétence en accompagnement.
Depuis 2020, les opérateurs régionaux qui assurent le CEP pour les salariés du secteur privé sont sélectionnés par appels d'offres de France Compétences. Cette concurrence entre opérateurs génère des mouvements d'emploi (fusions, pertes de marchés, recrutements). Avant de rejoindre un opérateur régional, vérifiez la durée de son mandat actuel. Les structures publiques (France Travail, APEC) offrent plus de stabilité.
Pourquoi se reconvertir vers ce métier ?
Trois raisons structurelles rendent ce métier attractif.
D'abord, la demande est en croissance continue : 53 % des actifs français envisagent de changer d'emploi, et les opérateurs CEP peinent à absorber l'ensemble des demandes.
Ensuite, le métier est stable : France Travail, l'APEC et les opérateurs régionaux recrutent régulièrement en CDI.
Enfin, il offre du sens. Accompagner quelqu'un qui retrouve une direction professionnelle est l'une des satisfactions les plus concrètes qui soit.
Formations pour devenir conseiller en évolution professionnelle
Ce métier est accessible avec un diplôme de niveau BAC+4 minimum dans le domaine de la psychologie, de la sociologie ou des ressources humaines ou bien avec un diplôme de niveau BAC+2 associé à une expérience dans un domaine similaire.
Formation Initiale
Il n'existe pas de diplôme unique et obligatoire pour exercer ce métier, mais plusieurs formations mènent naturellement à ce poste :
- Master en psychologie du travail et des organisations
- Master en sciences de l'éducation ou en ingénierie de formation
- Master en gestion des ressources humaines
- Licence professionnelle en gestion des ressources humaines (avec expérience)
- Titre professionnel Conseiller en insertion professionnelle (CIP) — niveau Bac +2, accessible en reconversion
Pour travailler dans le public, les candidats doivent passer le concours de la fonction publique de catégorie A ou B.
Formation Continue
Pour des professionnels déjà en activité souhaitant se spécialiser, deux voies sont particulièrement adaptées :
- La formation certifiante AFPA conseiller en évolution professionnelle — référence du secteur, niveau Bac +3, accessible avec un Bac +2 et de l'expérience
- Les formations universitaires du CNAM spécialisées en accompagnement et orientation professionnelle
- Les certifications inscrites au Répertoire Spécifique (RS) délivrées par des organismes privés (à vérifier sur Mon Compte Formation)
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Compétences et qualités requises pour devenir CEP
Soft skills — qualités personnelles
- Écoute active et neutralité bienveillante
- Capacité à reformuler sans orienter
- Empathie et gestion de la charge émotionnelle
- Sens pédagogique et clarté dans les explications
- Rigueur dans le suivi des dossiers
- Adaptabilité (publics très variés : jeunes, seniors, cadres, personnes en difficulté)
- Résistance à la frustration (les parcours sont longs et non linéaires)
Hard skills — compétences techniques
- Connaissance des dispositifs de formation et d'orientation (CPF, PTP, VAE, bilan de compétences…)
- Maîtrise du marché de l'emploi local et national (secteurs, métiers en tension, ROME)
- Techniques d'entretien et de conduite d'accompagnement
- Outils d'évaluation des compétences (portefeuille de compétences, tests d'orientation)
- Connaissance du droit du travail et des voies de formation
- Animation de groupes et d'ateliers collectifs
- Maîtrise d'un logiciel de suivi de parcours
Pour les reconvertis : les profils issus de l'enseignement, du travail social, de la formation professionnelle, des RH ou du coaching disposent de compétences très transférables. L'expérience du contact humain et la capacité à structurer un accompagnement sont les vrais passeports pour ce métier.
Évolutions possibles du conseiller en évolution professionnelle
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Évolution |
Description |
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Responsable d'équipe CEP |
Coordination d'un pôle de conseillers au sein d'un opérateur — profil managérial requis |
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Consultant en bilan de compétences |
Spécialisation sur les bilans approfondis, souvent en cabinet privé ou en indépendant |
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Consultant RH |
Élargissement à des missions de recrutement, GPEC, outplacement |
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Responsable de formation |
Pilotage de la politique formation au sein d'une entreprise ou d'un OPCO |
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Coach professionnel certifié |
Exercice libéral d'accompagnement individuel au-delà du cadre CEP |
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Chargé de mission emploi |
Poste en collectivité territoriale ou en PLIE sur les politiques d'insertion locale |
Salaire d’un conseiller en évolution professionnelle
La rémunération dépend fortement du type de structure employeuse. Dans le public et le parapublic (France Travail, Missions locales), elle suit des grilles conventionnelles relativement encadrées. Dans les cabinets RH privés et les opérateurs régionaux, les salaires sont plus flexibles et peuvent être augmentés plus rapidement selon la performance.
- Débutant (salarié) : 2 100 – 2 400 € brut / mois soit 25 200 – 28 800 € brut/ an
- Confirmé (3-5 ans) : 2 400 – 3 000 € brut / mois soit 28 800 – 36 000 € brut/ an
- Senior / coordinateur : 3 000 – 3 750 € brut / mois soit 36 000 – 45 000 € brut/ an