Travailler dehors, loin des open spaces et des écrans, c'est souvent ce qui pousse les candidats en reconversion vers le métier de bûcheron. Métier de passion, il est l'un des plus exigeants physiquement et l'un des plus accidentogènes. Ce guide vous explique le métier, pour que vous puissiez juger en connaissance de cause s'il vous correspond, et comment vous y former.
Salaire moyen
22–30K€
brut annuel
Niveau requis
CAP / BEP
minimum recommandé
Marché emploi
Modéré
Durée formation moy.
6 à 24 mois
estimation moyenne
Score de reconversion
70/100 *
Accessible avec effort
*Score de reconversion calculé à partir des données de formations de je-change-de-metier.com et des données emploi de France Travail.
Le bûcheron est un ouvrier forestier qualifié, spécialisé dans l'abattage des arbres.
Concrètement, c'est le professionnel qui coupe le bois en forêt, à l'aide d'outils spécifiques, principalement la tronçonneuse pour le bûcheronnage manuel, complétée aujourd'hui par des engins mécanisés sur certains chantiers.
Il travaille exclusivement en extérieur, et son activité s'inscrit dans une logique de gestion durable de la forêt : il ne coupe pas au hasard, mais selon un plan d'exploitation qui vise à préserver l'équilibre forestier sur le long terme.

Son métier consiste majoritairement à abattre des arbres, dans le respect des règles de sécurité et des techniques d'abattage afin d'en tirer du bois destiné à plusieurs usages (fabrication, chauffage,…).
Cependant, il ne fait pas cela au hasard. Le bûcheron est au fait de la législation sur les exploitations forestières et il détermine quels arbres peuvent et doivent être abattus selon l'usage qui va être fait du bois. Chaque bois étant différent, ce professionnel a une excellente maîtrise des différentes espèces d’arbres, lui permettant d’opter pour la meilleure technique de travail.
Activité particulièrement risquée, le bûcheron prend toutes les règles de sécurité possibles pour l’abattage et utilise des engins qui demandent un grand savoir-faire.
Le bûcheron peut également assurer des opérations de reboisement pour assurer l'avenir de la forêt.
Une grande partie des bûcherons travaillent pour l'Office National des Forêts (ONF), qui emploie environ 3 200 ouvriers forestiers, dont 20% de bûcherons, un employeur de référence, mais dont l'accès se fait sur concours.
Les collectivités territoriales propriétaires de forêts domaniales recrutent également.
Dans le privé, vous pouvez exercer au sein d'entreprises de travaux forestiers, de coopératives, de groupements de propriétaires forestiers, ou en tant qu'indépendant pour le compte de particuliers.
Le bûcheronnage manuel fait partie des métiers statistiquement les plus à risque en France en matière d'accidents du travail, parfois graves voire mortels.
Ce n'est pas une raison de renoncer, mais une raison de prendre la sécurité très au sérieux dès votre formation : le respect strict des procédures d'abattage, le port systématique des équipements de protection individuelle et le travail en équipe réduisent considérablement ces risques.
C'est justement pour cela que les formations au métier consacrent une part importante de leur temps à la sécurité, un critère à vérifier en priorité si vous comparez plusieurs centres de formation.
À cela s'ajoutent des conditions physiques exigeantes : port de charges, exposition aux intempéries toute l'année, et un isolement fréquent sur les parcelles même si le travail s'organise en équipe. Une bonne condition physique et une vraie autonomie sont donc des prérequis, pas des options.

Le parcours de référence est le CAP agricole (CAPa) Travaux forestiers, spécialité bûcheronnage ou sylviculture, préparé en 2 ans.
Pour vous installer à votre compte plus tard, un niveau bac est recommandé : Bac professionnel Forêt, ou Bac professionnel Gestion des milieux naturels et de la faune (GMNF).
À bac+2, le BP Responsable de chantiers forestiers ou le BTSA Gestion forestière permettent d'évoluer vers l'encadrement ou la gestion d'exploitation.
Bonne nouvelle pour un projet de reconversion : le CAPa Travaux forestiers est accessible en formation continue, en 6 à 24 mois selon la formule choisie (temps plein, alternance, validation des acquis), un délai réaliste pour un changement de carrière.
Il existe aussi le BPA (Brevet Professionnel Agricole) Bûcheron, une formation en 2 ans volontairement ciblée et opérationnelle, pensée pour aller vite vers l'emploi. Plusieurs centres se sont spécialisés dans l'accueil d'adultes en reconversion, comme le Centre de Formation Professionnelle Forestière (CFPF) de Meymac en Corrèze.
Une fois en poste, le BPA Bûcheron peut se prolonger par un BP Responsable de chantiers forestiers, un BTSA Gestion forestière, ou un Certificat de spécialisation Arboriste élagueur si vous voulez vous orienter vers l'élagage plutôt que l'abattage.
Vous devrez maîtriser l'utilisation et l'entretien de la tronçonneuse et des autres outils forestiers, ainsi que les techniques d'abattage propres à chaque essence d'arbre.
La connaissance de la réglementation sur l'exploitation forestière est indispensable pour déterminer légalement quels arbres peuvent être coupés.
À cela s'ajoutent des compétences en sécurisation de chantier et, si vous visez l'indépendance, des bases en droit forestier et en gestion d'exploitation.

Le secteur forêt-bois recrute activement, et la demande dépasse aujourd'hui l'offre dans plusieurs régions : les entreprises de travaux forestiers, les coopératives et les scieries peinent à trouver des bûcherons qualifiés, une pénurie aujourd'hui documentée par les acteurs de la filière.
Cette tension favorise la progression salariale dans les zones concernées, un contexte plutôt favorable si vous envisagez une reconversion vers ce métier.
Avec l'expérience, vous pouvez encadrer une équipe d'ouvriers et devenir conducteur de travaux.
Si vous travaillez à l'ONF, un concours interne permet d'évoluer vers un poste d'agent technique forestier. Une spécialisation en sylviculture ou une reconversion vers l'élagage (via le Certificat de spécialisation Arboriste élagueur) sont deux autres voies d'évolution courantes pour les bûcherons expérimentés.
Oui, à plusieurs conditions.
Les points forts :
Le point de vigilance, à ne pas minimiser :
c'est un métier physiquement exigeant et statistiquement à risque, qui demande un vrai engagement sur la sécurité et une bonne forme physique dès le départ. Si vous avez un doute sur votre condition physique ou votre tolérance au travail en extérieur toute l'année, une immersion ou un stage avant de vous engager en formation reste le meilleur moyen de vérifier que ce métier vous correspond vraiment.

Un bûcheron salarié débutant est généralement rémunéré autour du SMIC, soit environ 1 802 € brut par mois selon les données de l'Onisep. Les offres d'emploi du secteur affichent des taux horaires allant de 12,50 à 16 € brut selon les régions et les entreprises, la pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans certaines zones tend d'ailleurs à tirer ces montants vers le haut.
Avec de l'expérience ou un poste de chef d'équipe, la rémunération peut dépasser 2 500 € brut par mois. Les bûcherons indépendants peuvent gagner davantage, mais cette hausse de revenu s'accompagne généralement d'une charge de travail et de gestion supplémentaire (recherche de chantiers, comptabilité, assurances) à anticiper.
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