Devenir Agriculteur | Reconversion

Vous envisagez peut-être de tout quitter pour cultiver la terre ou vous occuper d'un élevage. C'est une envie que beaucoup de candidats à la reconversion partagent et le contexte actuel joue en votre faveur : d'ici 2030, la moitié des agriculteurs et agricultrices en activité en 2020 seront partis à la retraite, et deux tiers d'entre eux ne trouvent pas encore de repreneur. 

Sommaire

    Autrement dit, des exploitations cherchent des mains et des projets. Mais avant de vous lancer, vous méritez une information honnête sur ce que ce métier implique vraiment, pour vérifier qu'il correspond à ce que vous recherchez. C'est l'objet de ce guide.

    Agriculteur : présentation du métier

    Qu’est-ce qu’un agriculteur ou chef d'exploitation agricole ? 

    L'agriculteur d'aujourd'hui n'est plus seulement un travailleur de la terre : c'est un véritable chef d'entreprise, qu'il soit propriétaire exploitant, locataire de ses terres (par fermage) ou associé au sein d'un groupement agricole.

    Que vous cultiviez des céréales, produisiez des légumes, des fruits, ou que vous éleviez des animaux pour la viande, le lait ou les œufs, votre rôle combinera toujours deux dimensions : un savoir-faire technique (agronomie, zootechnie, mécanique) et des compétences de gestion d'entreprise (comptabilité, stratégie, commercialisation).

    C'est cette double casquette qui surprend souvent les candidats venus d'un premier métier très différent et qui, pour beaucoup, en fait tout l'intérêt.

    Qu’est-ce qu’un agriculteur ou chef d'exploitation agricole ? 

    Missions de l'agriculteur

    Au quotidien, vous serez amené à :

    • planifier vos cultures ou la conduite de votre élevage, et suivre leur évolution ;
    • réaliser les interventions techniques : préparation du sol, semis, protection des cultures, désherbage, ou soins et alimentation des animaux ;
    • gérer la récolte puis sa vente à une coopérative ou un négoce, en cherchant le meilleur prix possible ;
    • entretenir votre matériel (tracteurs, machines, outils) et vos bâtiments ;
    • assurer la gestion administrative et comptable de votre exploitation, une part du métier souvent sous-estimée par les candidats en reconversion, mais qui prend un temps réel chaque semaine.

    Où peut travailler l'agriculteur ?

    Contrairement à une idée reçue, devenir agriculteur ne signifie pas forcément acheter une ferme dès le premier jour.

    Vous pouvez exercer comme chef d'exploitation individuel, comme associé au sein d'un GAEC (Groupement Agricole d'Exploitation en Commun) ou d'une autre forme sociétaire, ou encore commencer comme salarié agricole sur l'exploitation de quelqu'un d'autre, une option souvent négligée alors qu'elle permet de tester concrètement le métier avant de vous engager dans une installation.

    Quelles sont ses conditions de travail ?

    C'est le point sur lequel on se doit de vous donner un avis honnête : c'est un métier exigeant physiquement et mentalement. Les agriculteurs travaillent en moyenne plus de 54 heures par semaine, contre 34 heures en moyenne nationale tous métiers confondus, du fait de l'astreinte quotidienne en élevage et de la saisonnalité intense en grandes cultures ou viticulture. Vous serez aussi exposé aux aléas climatiques (sécheresse, gel, inondations) et à un certain isolement géographique et social, en particulier les premières années d'installation.

    Ce constat ne doit pas vous décourager s'il correspond à ce que vous recherchez (autonomie, contact avec le vivant, travail en extérieur), mais il mérite d'être regardé en face avant de vous engager.

    Bonne nouvelle : des réseaux de soutien existent spécifiquement pour les agriculteurs (l'action sociale de la MSA, les associations comme Solidarité Paysans, les services de remplacement qui permettent de souffler), n'hésitez pas à les identifier dès votre installation plutôt que d'attendre d'en avoir besoin.

    Qu’est-ce qu’un agriculteur ou chef d'exploitation agricole ? 

    Formations pour devenir agriculteur

    Quelles formations initiales pour devenir agriculteur ?

    Niveau CAP

    • CAP agricole (CAPA) métiers de l’agriculture qui se prépare en deux ans après la classe de troisième à temps plein ou en apprentissage.
    • CAP agricole agricultures des régions chaudes qui se prépare en deux ans après la classe de troisième à temps plein ou en apprentissage.

    Niveau Bac

    Pour s'installer à son compte et obtenir les aides nécessaires à l'installation, il faut justifier d’une capacité professionnelle agricole qui demande au moins d'avoir le niveau bac.

    Niveau Bac + 2

    Ces diplômes, accessibles en 2 ans après un diplôme de niveau bac ou équivalent du domaine agricole, permettent d'exercer des fonctions de production, mais aussi de conseil, de recherche, ou encore des fonctions commerciales.

    Niveau Bac + 5

    • Diplôme d'ingénieur agricole ou agronome

    Quelles formations pour se reconvertir dans le métier ?

    C'est la question qui vous concerne directement. La voie de référence pour les adultes en reconversion s'appelle le BPREA (Brevet Professionnel Responsable d'Exploitation Agricole), préparé dans un CFPPA (Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole). Sa durée varie de 6 mois à 2 ans selon les centres et votre rythme (temps plein, alternance, à distance), ce qui en fait un parcours réaliste même avec des contraintes personnelles. Il confère la capacité professionnelle agricole nécessaire pour vous installer et prétendre aux aides publiques.

    D'autres certifications de spécialisation existent en complément, comme le CS Conduite de productions en agriculture biologique et commercialisation, utile si vous visez un projet en bio dès le départ.

    Avant de vous engager dans une formation, un conseil : prenez contact avec le Point Accueil Installation (PAI) de votre département. C'est le point d'entrée officiel du parcours à l'installation : un premier rendez-vous avec deux conseillers vous aide à construire un Plan de Professionnalisation Personnalisé (PPP), qui identifie les formations dont vous avez réellement besoin avant de vous inscrire à un cursus complet.

    Il est conseillé d'engager cette démarche 12 à 18 mois avant votre installation envisagée, laissant ainsi largement le temps de suivre un BPREA en parallèle.

    Comment financer sa formation ?

    • VIVEA, la caisse de financement dédiée aux formations des non-salariés agricoles, peut prendre en charge une partie de votre parcours si vous êtes inscrit·e dans un parcours à l'installation (PPP) et que la formation est prescrite par votre conseiller PAI⁵. Depuis juillet 2025, un nouveau dispositif permet même à VIVÉA de compléter automatiquement votre CPF pour couvrir le reste à charge de certaines formations certifiantes liées à l'installation, dans la limite de 3 000 € par an⁵.
    • Le CPF reste mobilisable pour tout ou partie du BPREA selon votre statut au moment de la formation.
    • Si vous êtes demandeur d'emploi, France Travail peut financer votre formation via l'AIF et maintenir votre allocation pendant le parcours.
    • La Dotation Jeune Agriculteur (DJA), versée après validation de votre PPP et du stage collectif obligatoire de 21 heures, constitue une aide financière à l'installation à part entière si vous avez moins de 40 ans⁴ — à ne pas confondre avec le financement de la formation elle-même, mais un complément décisif pour démarrer votre exploitation.

    Formations pour devenir agriculteur

    Compétences requises pour devenir agriculteur

    Quels sont les soft skills ou qualités personnelles ?

    • Une vraie autonomie et une capacité à prendre des décisions seul·e, souvent dans l'urgence (météo, panne de matériel, aléa sanitaire) ;
    • de la résistance physique et mentale, pour tenir sur des semaines à forte charge de travail ;
    • un tempérament d'entrepreneur, capable de porter des risques financiers et de rebondir face aux aléas de marché ;
    • l'envie sincère du travail en extérieur et du contact avec le vivant — une condition nécessaire mais, on l'a vu, pas suffisante.

    Quels sont les hard skills ou compétences techniques ?

    Vous devrez maîtriser (ou apprendre en formation) l'agronomie ou la zootechnie selon votre production, la conduite et l'entretien de base du matériel agricole, ainsi que des compétences de gestion : comptabilité, suivi budgétaire, connaissance des marchés et des circuits de commercialisation. La réglementation agricole et environnementale (normes sanitaires, bien-être animal, phytosanitaire) fait aussi partie du socle à acquérir, généralement couvert par les formations de type BPREA ou BTSA.

    Compétences requises pour devenir agriculteur

    Marché de l'emploi et perspectives

    Quelles sont les tendances de la profession ?

    Le chiffre à retenir, déjà évoqué en introduction : en 2022, la France a compté 21 000 départs à la retraite d'agriculteurs pour seulement 14 000 installations, un déséquilibre qui structure tout le secteur et explique l'existence de dispositifs d'aide à l'installation aussi développés.

    D'ici 2030, plus de 160 000 exploitants supplémentaires atteindront l'âge de la retraite. Cette vague de départs représente une vraie fenêtre d'opportunité pour les candidats à la reconversion, notamment via la reprise ou transmission d'exploitations existantes plutôt que la création ex nihilo, souvent plus accessible financièrement.

    Quelles sont les évolutions professionnelles possibles ?

    Une fois installé, vous pourrez faire évoluer votre exploitation vers la diversification (transformation à la ferme, vente directe, agritourisme) pour dégager de nouvelles marges.

    Certains agriculteurs évoluent aussi vers des fonctions de conseil, de formation (maître de stage, formateur en CFPPA) ou s'investissent dans des responsabilités au sein des coopératives ou chambres d'agriculture, valorisant ainsi leur expérience de terrain autrement.

    Ce métier est-il adapté à la reconversion ?

    Oui, à condition d'aborder le projet les yeux ouverts.

    Les points forts pour une reconversion : un secteur en fort besoin de renouvellement, des dispositifs d'accompagnement et de financement structurés (PAI, BPREA, VIVEA, DJA) et une diversité de portes d'entrée (installation directe, reprise de ferme, association en GAEC, salariat agricole pour commencer).

    Le point de vigilance : ce n'est pas un métier qu'on peut aborder uniquement par idéal car la charge de travail et la variabilité des revenus sont réelles. Le meilleur test avant de vous engager reste l'expérience concrète : un stage, un chantier en Wwoofing, un remplacement via le service de remplacement local, ou quelques mois en tant que salarié agricole, pour vérifier que la réalité du métier correspond à l'image que vous en avez.

    Salaire de l'agriculteur

    Point à comprendre avant tout : la plupart des agriculteurs sont indépendants, donc leur rémunération n'est pas un salaire fixe mais un revenu qui dépend directement du résultat de l'exploitation, avec de fortes variations selon la filière, la taille de l'exploitation et l'année.

    Selon les données Agreste et Insee, le revenu moyen annuel d'un agriculteur en France s'établissait autour de 30 360 € par an, soit environ 2 530 € par mois, aides et subventions comprises.

    Mais cette moyenne masque de très fortes disparités : certaines filières (grandes cultures céréalières, certains élevages) sont sous pression constante avec des marges resserrées, quand d'autres (viticulture, maraîchage en circuits courts) peuvent dégager des revenus plus élevés. Il n'existe pas de chiffre unique fiable : votre revenu réel dépendra avant tout du modèle économique de votre future exploitation, un point à travailler précisément avec votre conseiller PAI avant de vous installer.

    Article mis à jour le 16/07/2026
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